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27.01.2007
Histoire de trou de balle
Le chirurgien se leva du fauteuil de mon dentiste de père et lui demanda ce qu'il lui devait. Il était réputé à Marseille comme excellent . Tous deux se connaissaient de longue date, ayant fait de l'aviron ensemble sous les couleurs phocéennes dans leur jeunesse.
Je t'ai soigné la molaire du fond, et je l'ai plombée. Il y avait une belle carie, un sacré trou, lui expliqua la blouse blanche. Tu devais souffrir depuis longtemps.
Tu sais, j'ai tout ce qu'il faut pour me calmer. Dis à Jojo de me chercher un taxi !
Oh, t'as plus de voiture ?
Si, j'en ai une, elle marche, mais je peux pas m'en servir!
Ben ça alors ! Explique toi.
Tu as un moment ? Bon ! Le mois dernier, au matin, j'arrive à la clinique; mon assistante, un peu pale, m'attrape comme je vais pour pénétrer dans mon bureau. Docteur, il y a trois messieurs dedans, un est blessé. J'ai pas pu les empêcher de rentrer.
Deux armoires à glace en souliers vernis se tenaient debout à côté d'un bonhomme qui lui, se tenait l'épaule, assis dans un fauteuil. Le costume ensanglanté, il avait reçu une balle dans la nuit, cadeau d'un règlement de compte.
Avec un bel accent corse, il me demande de l'opérer et surtout, de ne pas remplir les papiers tout de suite. Tu sais, chaque fois que tu enlèves du plomb, il faut le signaler à la police. Curieuse, elle vient voir et le gars n'y tenait pas.
Tu sais ce que c'est, je lui ai retiré sa balle, il a été soigné en chambre seule, ces deux gardes du corps ont monté la garde et j'ai signé les papiers le jour de son départ.
Toubib, merci pour ce que vous avez fait. Si vous avez un jour des ennuis, on ne sait jamais, vous pourrez faire appel à moi. Au Petit bar, à la Belle de Mai (c'est un quartier de Marseille) vous demandez "XXX" et vous lui dites de me faire la commission.
Le temps a passé, mais hier matin, en sortant de chez moi, plus de voiture sur le trottoir. On me l'avait barbotée. Alors, je me suis rappelé la promesse du truand. Peut être il saura qui a fait le coup et la retrouvera.
Je vais à la Belle de Mai, le chauffeur de taxi me regarde bizarrement quand je lui dit d'attendre. En rentrant, j'étais pas chez moi. Tout le monde a baissé la tête, c'est devenu lourd d'un coup. Ils me prenaient pour un poulet ! Au garçon du bar, je lui dit que je viens de la part de mon client, et que je veux parler à "XXX" . Il me dit que c'est lui, et je lui débite mon histoire de voiture volée.
Là, mon vieux, il me demande tout le type, la voiture, les numéros des plaques, les phares, la couleur . J'avais une 15 cv Citroen, mais t'as plusieurs modèles ! La mienne c'était une 52, mais sans le gros coffre, la couleur, tu peux pas te tromper, c'est noir!
Tu me croiras pas, mais le lendemain matin, devant chez moi, j'avais ma voiture, au même endroit, avec ses plaques. Fortiche le gars, que je me dis.
Seulement, s'il y avait bien les clefs sur le contact, et même le plein d'essence, la couleur des sièges n'était pas la même. Ils l'avaient fauchée, cette bagnole.
Alors, qu'est ce que j'en fais maintenant ?
Jojo, tu l'as trouvé ce taxi ?
09:02 Publié dans Contes du grillon | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Commentaires
De drôles de pistolets ces Corses !
A bientôt...
Ecrit par : Crabillou | 27.01.2007
Vive les Corses qui ont toujours le coeur sur la main et le service facile...
A bientot Christian.
Ecrit par : Jérémie Ménerlache | 27.01.2007
Encorssseeee, encorssseee !
Ah ces histoires du passé...(quoique)
Merci pour ce savoureux récit.
A bientôt
Ecrit par : Anne-Marie | 27.01.2007
Incroyable mais vrai ! j'ai déjà commencé par rire au début -je pensais à ma dent du fond à faire plomber- ... et après, hilare ! sauf quand même que j'aurais préféré que ce soit vraiment la bagnole d'origine... Là, que faire ? L'affaire se corse. Bises de miche
Ecrit par : miche | 27.01.2007
tu me régales! une histoire marseillaise, Corse, plus vraie que nature,
du talent, et du sel, dans le récit, tu en as encorse beaucoup de comme ça?
J'envie le JOJO d'avoir vécu tt ça de près,
et toi, itou,
c'est un vrai bonheur de te lire, merci Christian,
les arbres on ferme ce soir chez moi, , je cherche repreneur, non non, pas toi, je cherche, Framboisine qui t'embrasse,
Ecrit par : framboisine | 27.01.2007
et bien dis donc , il en a vu de droles ton papa, c'est une belle histoire que tu nous racontes là avec ton brio habituel..Il ne devait pas crâner le chirurgien !0 bientot .(il faudra qu'on m'explique pourquoi de temps en temps le a que je frappe fait un o bizarre comme a l'instant avant bientot)
amicalement
Ecrit par : josette | 28.01.2007
Je me marre avec ton histoire. C'est du Pagnol
Bisous
ANNIE
Ecrit par : MAMINIE | 29.01.2007