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26.03.2007
Le sac de billes
Vous avez déjà vu vivre mon père, sur plusieurs épisodes, se faire raser à moitié la tête par son coiffeur, s’occuper de Jojo, et installer un flipper dans sa salle d’attente ! Tout cela se passera plus tard que cette histoire là, après la libération.
Le pater familias, à 50% italien, brun aux cheveux noirs, de petite taille, plaisantait volontiers avec ses clients, mais pas avec la discipline.
En 1942, garçon âgé de 6 jeunes années, suivi d’une sœur de deux ans ma cadette, nous étions, j’en suis persuadé, les plus beaux enfants du monde pour nos parents.
Nous avions déménagé de Marseille, où les bombes lâchées de 10 km de haut profitaient du mistral pour germer un peu partout, pour une préfecture quelque peu plus tranquille, voire endormie, celle des Hautes Alpes.
Là, le père avait réouvert un cabinet dentaire à Gap, puis un deuxième à St Bonnet le jour du marché , soigné les mâchoires des robustes paysans du Champsaur, puis les caries de l’armée Italienne.
Les devoirs du soir s’exhibaient entre un Crachez - Rincez vous ! et un Ouvrez grand- Ne bougez plus ! ! Mais l’œil était aussi rapide que la roulette et la paire de gifle gratuite en cas d’erreur grossière. Valait mieux annoncer qu’on avait pas compris ! ! On avait droit à un cours de rattrapage accéléré.
Mais une fois les devoirs et leçons remis dans le cartable, suivait la séance de tir aux billes ! ! Oui, j’avais des leçons de billes. Attendez, vous allez voir. Avec la roulette, sur une bille de pierre dure, il avait tracé des méridiens et des longitudes. Comme ça, entre le pouce et l’index, la bille ne glissait pas, quelque soit la pression appliquée. On ne pouvait pas « chiquer » Sur le carrelage, une espèce de marelle était tracée, avec des traits régulièrement espacés. 50 cm, 60 cm, etc jusqu’à 1 mètre. Je devais placer une série de billes sur le trait choisi et faire mes gammes, avec mon missile balistique rainuré !
Après quelques séances d’entraînement, le tir à un mètre ne me faisait pas peur
Mon sac de billes s’arrondissait après une ou deux récrés ! La « tireuse scarifiée à l’africaine » faisait des envieux. On essaya de la déclarer illégale, non conforme aux normes internationales du Lycée de Gap ! Mais même avec sa sœur au teint lisse, j’avais acquis une longueur d’avance au tir et continuait innocemment à « plumer » mes gentils camarades, du haut de mes 6 ans.
Il faut dire que j’avais aussi une longueur d’avance scolaire, étant en 10 ème, l’équivalent de CE 1 , avec des enfants de 1 à 2 ans plus âgés.
Aussi, un soir, la révolte gronda et après la classe, je me laissais entraîner à une partie de billes sur la place Marcellin,
Une fois le sac bien rond, une poussée dans le dos me fit tout lâcher. J’assistais impuissant au partage et rentrai en larmes, l’enveloppe vide pendant lamentablement au bout du poignée.
Mais demander à goûter les yeux embués ne passa pas inaperçu ! Le père mis au courant laissa son client sur le fauteuil, me saisit le bras avec force et me traîna à toute allure sur la place où les « copains » continuaient, sans méfiance , à utiliser mon matériel.
Secoué sans ménagement par une oreille, je désignai un fautif, qui sentant le regard furibond de l’adulte, détala comme un lapin. Mais le père courrait lui aussi, et des jambes de 30 ans sont encore plus rapides que des gambettes de 8 ans. Le fugitif se vit rattraper, et à son ébahissement, déposséder d’une chaussure ! ! !
Tu diras à ton père de venir la chercher ce soir chez moi. Et tu as intérêt à ramener les billes en même temps . ! !
C’est ce qui se passa, la chaussure fût rendu, les billes presque toutes, surtout le « missile » par un « grand » qui n’en menait pas large ! ! Je n’ai pas été autorisé à assister au Canossa du fautif, et fût prier ensuite d’éviter les billes à l’école pour un temps ! !
C’est ainsi qu’en ce temps là, la justice était rendue.
Pourrait –on aujourd’hui en faire autant sans risque ? ?
12:34 Publié dans Contes du grillon | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
17.03.2007
Sentier matinal
Notre boulanger cuit au feu de bois et prépare sa pâte au levain naturel. C'est l'un des tout derniers en Vaucluse et il vend lui même le matin sa production, après sa nuit de travail. Comme ses clients sont connaisseurs et fidèles, mieux vaut y aller tôt.
Aussi, ce matin, j'ai pris un sentier au point du jour, manière de profiter du temps qui passe.
Le Ventoux, encore endormi, n'est troublé que par les sillages de jet, comme celui qui emporte Vivie au Costa Rica.
L'orange de l'orient éclate sur la ligne de crête.
Le sentier offre un talus taillé dans les ocres, qui déroule ses harmonies au gré des pas du promeneur.
Il y a bien longtemps, crocodiles s'ébattaient sur ces plages tropicales.
J'aime ces draperies entrecroisées, ces vagues figées en compositions lumineuses.
Ici, le ressac a figé un jaillissement de sable dans l'écoulement d'une dune sous marine.
Et ce pin regrette amèrement que sa graine soit venu échouer dans un monde sans terre; il tente de rassemble de toutes se forces entre ses racines un sable volage, tenté par sa liberté.
Là, les racines, trop gourmandes, ont fait éclater la fissure nourricière et se retrouvent le ventre à l'air, noires d'étouffement.
Arrivé sur le plateau, jadis cultivé, le promeneur est accueilli par cet étrange menhir, qui n'a rien de minéral. Ces quatre troncs de cerisier, blanchis par le mistral, fournissent gîte et couvert à des colonies de capricornes.
Qui sait si , au pied, on ne trouve pas quelques terriers de grillons ?
20:03 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
09.03.2007
Non à la journée des femmes !!!
Non, je ne célèbre pas la journée des femmes. Une journée, quelle dérision !! Ca me rappelle trop la journée des lépreux ou du sida. Comme si la femme n'était pas la moitié de l'humanité.
Les jours pairs: jours des femmes. Les impairs, jours des hommes: Ca oui !!
Ou tout autre formule qui mette en lumière cette complémentarité. Et si Abrahamma, Jessuica et Mohamedia avait crée les religions, tout serait différent.
Ce sont les religions qui ont infantilisés les femmes, les brahmanes, prêtres, rabbins et mollahs qui maintiennent les femmes dans un rôle secondaire dans les sociétés. Les dictatures ne valent pas mieux dans ce domaine !! A t'on déjà vu un vrai dictateur en jupon ?
Je sais que je vais me faire écharper, crucifier, brûler vif pour de telles paroles.
Alors, mes moitiées : continuez à lutter
1 ° pour supprimer toute ingérence masculine dans votre vie privée sans votre consentement. Que ce soit au fond du Tchad ou en Norvège.
2° pour stigmatiser et réduire les inégalités de traitement dans la vie professionnelle
Et enrôlez tous les curés, pasteurs, immense et autres religieux dans les mouvements féministes. Ils peuvent aussi, s'ils sont convaincus, convaincre à leur tour leur ouailles.
Je vous salue, Maries de tous les pays.
Je vous salue, Maries ou Maryams de tous pays.
10:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
07.03.2007
Balade sous la pluie en ce mercredi 7 mars
Cet après midi, une éclaircie dans les nuages. La pluie est bien tombée la nuit dernière, et maintenant, les gouttes sont de retour.
Bonne journée pour la terre, les plantes, les arbres. Il nous en faut encore, et tout ce qui tombe ici est bon à prendre. Je sais que certains ont les pieds dans l'eau, mais les crues ont l'air d'être normales, et la montée des eaux est normale en zone inondable.
Un peu de patience !
Ausi, profitant d'une accalmie, le grillon a sifflé son chien pour lui faire dégourdir les pattes. Un chemin de terre qui conduit aux champs passe derrière la maison, bordé de jeunes pins
A l'arrière de la maison, il a fallu se mettre en conformité avec le règlement forestier, à mon grand regret.
Les plantes se préparent. Le bergenia tout de rose vêtu se désole, solitaire, sans le moindre papillon, la moindre abeille ou le moindre bourdon, tous prudemment cachés.
Une orchidée bande ses forces pour jaillir dans la nuit prochaine et déployer sa hampe fleurie. Sera t'elle un Ophrys araignée, bécasse, guèpe ou litigieux ?
Au bout du chemin, le propriétaire cultive ses oliviers sur herbage, fânant et laissant l'herbe comme engrais vert, sans labourer.
Un deuxième vient de labourer et d'enfouir du fumier de cheval.
Ses ancêtres et lui ont enlevé les gros galets et constitué ces pierrées que l'on retrouve dans toute la colline. Aujourd'hui, les maçons viennent avec des tracteurs équipés de chargeur récupérer ces galets pour s'en servir dans les constructions, comme dallage, chemin ou autre.
Au bout de ce champ, la vue sur la plaine du Comtat Venaissin est bien grise aujourd'hui. Les cultures: oliviers et vignes.
Le village voisin s'étale, dans le lointain, le long d'une route locale, village anciennement agricole, qui maintenant ne compte plus que 3 familles vivant de la terre. De nombreux artisans, des retraités qui ont gardé un lopin avec quelques arbres ou pieds de vigne, des nouveaux arrivants et beaucoup de personnes travaillant sur Avignon et les villes du Vaucluse.
Après ce petit tour, le retour se fait en passant par l'arrière de la maison. Le portail est au bout de la photo. La bache qui couvre la piscine est remplie d'eau de pluie qui va être pompée dans une des deux citernes. Pas question de la perdre, ici, l'eau est précieuse.
Le vieux cerisier lutte depuis 4 ans contre une maladie cardio-vasculaire des branches, qui fait petit à petit le tour de l'arbre. Chaque année, en fin d'hiver, il me faut couper les branches atteintes et cicatriser avec du goudron de Norvège pour éviter un surcroit de maladie
Un jeune arbre a été planté il y a trois ans. La pierre au milieu ? C'est une habitute ici pour former le gobelet, sinon, les arbres lèvent leurs branches au ciel comme des banquiers braqués pour un hold-up.
Non, je ne suis pas un jardinier modèle et je laisse pousser des fleurs et mauvaises herbes lorsqu'elles ne sont pas trop envahissantes. Le chiendent, non, par contre.
Mais cette touffe de violettes s'est trouvée en symbiose avec un pied de vigne et elle prospère d'année en année, discrète et fidèle.
C'est la saison de la fausse roquette, envahissante, qui va neiger bientôt ses pétales blancs dans tout le jardin.
C'est aussi la saison d'un légume délicieux, timide et qui sait se cacher à merveille. Il faut l'apprivoiser, car il est sauvage ! Le voyez vous ? Non ? Regardez encore, la tige brune, sombre, au milieu de la photo
La photo est floue, impossible de mettre au point à la fois sur la pointe et sur le pied d'une asperge ..... sauvage. Celle ci se montre à découvert, jeune imprudente, asperge ado de la première pluie.
Ses grands parents, plus prudents, se sont constitués en buisson compact, dont les tiges épineuses et piquantes découragent amateurs de jeunes pousses.
Néammoins, et sans l'aide du chien qui se fiche éperdument de marquer l'arrêt devant une asperge, préférant le parfum des lapins de garenne, la première récolte de l'année permettra une omelette
Connaissez vous la plante préférée des Stroumpfs ? Un autre demain, je vous en parlerai.
Excusez, moi, la poèle est sur le feu !!
Bon appétit à vous aussi.
19:06 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note

