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16.07.2007
Défilé immobile, pour réconforter Framboisine
Il était une fois du côté d'Ormesson, dans le 94, un commerçant affable, avenant, présentant en vitrine de splendides objets en rotin. Nous y entrâmes, ma moitié et moi, ce qui faisait deux et non un et demi, comme le dit Valter.
Venus pour nous offrir une lampe ou un plateau, nous en sommes sortis avec un lit complet, en rotin de la tête aux pieds.
Comme nous déménagions deux semaines plus tard en Provence, les éléments nous fûrent livrés au terrier actuel.
Au bout de cinq à six semaines, les pieds vinrent à manquer ............ de solidité.
Ohé Ohé, rotinier, faudrait voir à les réparer !
A l'examen , il y avait un vice caché évident. La fixation originelle ne pouvait pas tenir.
Au téléphone, le commerçant, nous sentant loin de sa vitrine, tergiversa, ergota, nous dit de contacter le fabricant. Lui n'était que revendeur. il n'était pas dans le meuble. Il ne pouvait rien faire.
Il ne savait pas que le grillon n'avait qu'un pied dans le midi, gardant l'autre 6 mois par an dans son logis banlieusard.
Une fois remonté en région parisienne, aussi frustré que Framboisine, n'obtenant pas de réponse malgré mes demandes, je décidais de faire une manifestation à moi tout seul.
Il faut préciser que l'accès au dit magasin se faisait depuis la nationale 4, un peu après un feu rouge, à la sortie de Paris. Il y avait force voitures et les passagers arrêtés avait tout le temps de lire une pancarte.
J'ai donc fabriqué un panneau de belle taille, avec des lettres bien visibles, qui disait ceci: CLIENT MECONTENT DU SERVICE APRES VENTE
DU MAGASIN ETC ETC .....
et je me suis installé un samedi matin sur le trottoir avec un tabouret et mon écriteau.
Rien n'a bougé du côté du magasin. Je n'ai interpellé personne, mais presque tous les clients rentrant m'ont demandé pourquoi j'étais aussi mauvais coucheur !
Je leur disais que comme on fait son lit, on se couche ; ma bonne dame !!! et débitait ma salade.
Le samedi suivant, rebelote à 10 h du matin, à l'ouverture. Un agent de la force publique, dépêché par la boutique, vint m'intimer l'ordre de circuler. Je n'avais pas le droit de stationner sur le trottoir, parait-il, pour des questions de sécurité. Bonne pâte, j'ai rangé mon tabouret , et j'ai fait les cent pas, ce qui était mon droit le plus absolu, car un trottoir est fait pour trotter, trottiner, voire tapiner. J'ai donc fait le trottoir, relevant lestement un pan de l'imperméable, geste attirant immédiatement tous les regards, traversant au feu rouge dans les deux sens pour que les voitures profitent de l'écriteau, tant du côté gauche que du droit.
J'ai eu mon petit succès, avec applaudissements de certains. La boutique me dépêcha un émissaire pour savoir qui j'étais. Il repartit, avec copie des lettres auxquelles je n'avais pas reçu de réponse, avertir son patron que le fou en imperméable ( il pleuvait) ne craignait pas l'eau. Dans les Travaux Publics, on vous donne de très bons imperméables et des bottes solides !!!
Le troisième samedi, belote, rebelote et dix de der. Il faisait beau, le printemps arrivait, les clients affluaient comme les escargots dans le panier d'Heraime, et butaient sur une pancarte, désormais enrichie de tracts et de photo du défaut.
Certains faisaient demi-tour.
Organisé désormais, vieux routier des sièges à la Vauban, mon sac à dos contenait petit thermos, café chaud, biscuits et même un livre pour les moments creux.
Je commençais à faire partie du paysage, certains conducteurs me saluaient d'un coup de klaxon, je connaissais les chauffeurs du bus. Bref, je m'enracinais dans le bitume.
En fin de matinée, le patron vint à Canossa, reconnaître qu'après tout, tout bien considéré, ayant contacté l'usine, dans un geste commercial, bref, que si je voulais bien cacher ma pancarte, il était prêt à discuter.
Mais, rendu méfiant par son attitude précédente, nous avons négocié sous la pancarte, en pleine rue. Je demandais la réparation, les frais de transport depuis le terrier et une somme de 2000 francs pour dommages et intérêts. Nous avons terminé avec les deux premiers points, 800 francs de dommages, et je lui laissais la pancarte !
Nous sommes rentrés dans son magasin pour mettre cela noir sur blanc.
Ainsi fût fait.
J'ai obtenu un effet secondaire imprévu: suggérant une fois à mes ados d'enfants de m'accompagner, la honte d'être vu en compagnie de leur père harnaché ainsi les a fait fuir.
Plus tard, quand il fallait sévir, la menace de faire un tour dans le quartier à pied en ma compagnie dans cette tenue rétablissait le calme et la tranquillité.
Non, je n'ai pas de photo ! Désolé, il vous faudra imaginer.
Alors Framboisine, je te donne la recette, j'ai toujours l'imperméable et je te garantis qu'installée devant une boutique Orange Télécom, tu t'offriras un franc succès.
18:23 Publié dans Contes du grillon | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Commentaires
Je viens de me payer une bonne tranche de rigolade en lisant ton histoire, j'ai même imaginé la situation...domage que tu n'ai pas immortalisé la séquence, mais cela ne manque pas de sel.
Amitiés.
Jean Claude
Ecrit par : Jérémie Ménerlache | 16.07.2007
évidemment; si tu t'adresses à un commerçant à fables...
en tout cas bravo pour ta pugnacité
Ecrit par : henri | 16.07.2007
Comme têtu...on ne fait guère mieux dans la continuité, mais je demanderai cependant pour preuves des photos.....cela manque au conte du Grillon qui m'a bien fait rire en le lisant.....Merci pour la détente.....l'orage gronde au loin....enfin je vais pouvoir savourer les gouttes de pluie.....
Je t'embrasse
Hélène
Ecrit par : hélène | 16.07.2007
non mais là tu me fais marrer. Je m'imagine, quoique j'aurais aimé la photo.... Dommage que je n'habite pas PAU çà m'aurait plu un sitting ou le squatt d'une agence France Telecom .... des souvenirs pas si lointais que çà....
A BIENTOT
ANNIE
Ecrit par : maminie | 16.07.2007
Hola le Grillon!
Quelle histoire!!!!
Moi aussi j'ai bien rigolé, ta façon de conter y est sûrement pour quelque chose.
En tout cas bravo, tu as obtenu gain de cause!
Et l'idée est bonne à retenir!
Souhaitons donc à Framboisina d'adopter ta technique!
Besos
Odil
Ecrit par : odil | 17.07.2007
Je suis passée en coup de vent à ... je ne dirai pas l'heure... Je reviendrai demain et je sais que j'en aurai pour mon argent...bises de miche
Ecrit par : miche | 17.07.2007
incroyable !! il faut oser ... je t'imagine avec ta pancarte et l'air ahuri des badauds ... mais tu nous prouves une fois de plus que la ténacité paye ... alors à qui le tour ???
et heureusement que les flics t'ont pas mis au vert ..
Ecrit par : michka | 17.07.2007
Cher Grilon,n'aurions nous pas un âncètre commun ?
.
Bravo,je ne peux pas vous donner la liste de ce que ma...
Rouspètance ...à obtenue...
En fermant les yeux on se croit dans une veillée devant la cheminée,vous racontez si bien.
Je vous souhaite une bonne journée,chaude encore malgrés les
prédictions
Amicalement
jeanne
Ecrit par : jeanne | 17.07.2007
Bien mais tu ne dis pas pourquoi les pieds du lit avaient cassé ?
dominique
Ecrit par : dmerlen | 17.07.2007
Bravo pour la ténacité!!
Ecrit par : Mahina | 17.07.2007
Tiens framboisine vient de me donner deux mails,j'ai essayé une note,imlpossible de la joindre,pire son n° de tel non plus et dans pages blanche elle est inconnue.Grave comme censure. alors je fais une bise à ma jumelle chez toi.Merci pour cette partie de rigolade .france telecom est venu chez moi pour me dire d'aller me faire voir chez free.scandaleux les principes de se renvoyer la balle.DE toute façon france télécom ne fait pas mieux pour ses abonnés.
Ecrit par : heraime | 19.07.2007