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25.07.2007
Deux Baptèmes
En ce joli mois de mai 1944, l'espoir est revenu dans les coeurs français. Et c'est dans l'allégresse que fûrent célébrés les baptèmes de deux cousins.
Partis de la maison de campagne située entre Luynes et Aix, au lieu dit les Frères gris, les deux bambins ont fait la course en tête jusqu'à l'église de Luynes dans leurs poussettes aérodynamiques. Il y a bien deux bons kilomètres entre la maison et le bénitier !
Pas question de prendre la voiture pour si peu, même si la montée au retour est raide. C'est à pied, endimanchée, que toute la famille s'est rendue à la cérémonie.
Vous y verrez les oncles, tantes, cousins, cousines et autres parents, dans les tenues à la dernière mode.
Je suis certain que vous apprécierez l'élégance. Mais une chose me frappe toujours quand je regarde la silhouette des anciens : les femmes et les hommes savaient être plus sveltes qu'aujourd'hui. Bien sûr, je ne parle pas pour vous, mais pour moi, et à la rigueur pour Héraime.
Puis au retour, un premier plat est servi aux enfants. Juste après le coup de fourchette du grillon, la pellicule est endomagée, et présente un long moment de blanc. Je vous prie de m'en excuser.
Puis c'est l'heure de l'apéritif.
Une dose de gaité pour cinq volumes de bonne humeur !
Je ne vous passe pas la fin du repas, en raison d'une décence élémentaire pour les enfants qui regarderaient par hasard cette note.
Mais, la descente dans la cave de l'oncle Paul a été à la hauteur de l'évènement. C'est l'homme présent sur la dernière séquence, que viennent rejoindre les deux soeurs de mon père. La dernière arrivée est Jeanne, son épouse.
Le métier de Paul ? Canneleur ! Vous connaissez ?
16:25 Publié dans Boite à chaussures | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
16.07.2007
Défilé immobile, pour réconforter Framboisine
Il était une fois du côté d'Ormesson, dans le 94, un commerçant affable, avenant, présentant en vitrine de splendides objets en rotin. Nous y entrâmes, ma moitié et moi, ce qui faisait deux et non un et demi, comme le dit Valter.
Venus pour nous offrir une lampe ou un plateau, nous en sommes sortis avec un lit complet, en rotin de la tête aux pieds.
Comme nous déménagions deux semaines plus tard en Provence, les éléments nous fûrent livrés au terrier actuel.
Au bout de cinq à six semaines, les pieds vinrent à manquer ............ de solidité.
Ohé Ohé, rotinier, faudrait voir à les réparer !
A l'examen , il y avait un vice caché évident. La fixation originelle ne pouvait pas tenir.
Au téléphone, le commerçant, nous sentant loin de sa vitrine, tergiversa, ergota, nous dit de contacter le fabricant. Lui n'était que revendeur. il n'était pas dans le meuble. Il ne pouvait rien faire.
Il ne savait pas que le grillon n'avait qu'un pied dans le midi, gardant l'autre 6 mois par an dans son logis banlieusard.
Une fois remonté en région parisienne, aussi frustré que Framboisine, n'obtenant pas de réponse malgré mes demandes, je décidais de faire une manifestation à moi tout seul.
Il faut préciser que l'accès au dit magasin se faisait depuis la nationale 4, un peu après un feu rouge, à la sortie de Paris. Il y avait force voitures et les passagers arrêtés avait tout le temps de lire une pancarte.
J'ai donc fabriqué un panneau de belle taille, avec des lettres bien visibles, qui disait ceci: CLIENT MECONTENT DU SERVICE APRES VENTE
DU MAGASIN ETC ETC .....
et je me suis installé un samedi matin sur le trottoir avec un tabouret et mon écriteau.
Rien n'a bougé du côté du magasin. Je n'ai interpellé personne, mais presque tous les clients rentrant m'ont demandé pourquoi j'étais aussi mauvais coucheur !
Je leur disais que comme on fait son lit, on se couche ; ma bonne dame !!! et débitait ma salade.
Le samedi suivant, rebelote à 10 h du matin, à l'ouverture. Un agent de la force publique, dépêché par la boutique, vint m'intimer l'ordre de circuler. Je n'avais pas le droit de stationner sur le trottoir, parait-il, pour des questions de sécurité. Bonne pâte, j'ai rangé mon tabouret , et j'ai fait les cent pas, ce qui était mon droit le plus absolu, car un trottoir est fait pour trotter, trottiner, voire tapiner. J'ai donc fait le trottoir, relevant lestement un pan de l'imperméable, geste attirant immédiatement tous les regards, traversant au feu rouge dans les deux sens pour que les voitures profitent de l'écriteau, tant du côté gauche que du droit.
J'ai eu mon petit succès, avec applaudissements de certains. La boutique me dépêcha un émissaire pour savoir qui j'étais. Il repartit, avec copie des lettres auxquelles je n'avais pas reçu de réponse, avertir son patron que le fou en imperméable ( il pleuvait) ne craignait pas l'eau. Dans les Travaux Publics, on vous donne de très bons imperméables et des bottes solides !!!
Le troisième samedi, belote, rebelote et dix de der. Il faisait beau, le printemps arrivait, les clients affluaient comme les escargots dans le panier d'Heraime, et butaient sur une pancarte, désormais enrichie de tracts et de photo du défaut.
Certains faisaient demi-tour.
Organisé désormais, vieux routier des sièges à la Vauban, mon sac à dos contenait petit thermos, café chaud, biscuits et même un livre pour les moments creux.
Je commençais à faire partie du paysage, certains conducteurs me saluaient d'un coup de klaxon, je connaissais les chauffeurs du bus. Bref, je m'enracinais dans le bitume.
En fin de matinée, le patron vint à Canossa, reconnaître qu'après tout, tout bien considéré, ayant contacté l'usine, dans un geste commercial, bref, que si je voulais bien cacher ma pancarte, il était prêt à discuter.
Mais, rendu méfiant par son attitude précédente, nous avons négocié sous la pancarte, en pleine rue. Je demandais la réparation, les frais de transport depuis le terrier et une somme de 2000 francs pour dommages et intérêts. Nous avons terminé avec les deux premiers points, 800 francs de dommages, et je lui laissais la pancarte !
Nous sommes rentrés dans son magasin pour mettre cela noir sur blanc.
Ainsi fût fait.
J'ai obtenu un effet secondaire imprévu: suggérant une fois à mes ados d'enfants de m'accompagner, la honte d'être vu en compagnie de leur père harnaché ainsi les a fait fuir.
Plus tard, quand il fallait sévir, la menace de faire un tour dans le quartier à pied en ma compagnie dans cette tenue rétablissait le calme et la tranquillité.
Non, je n'ai pas de photo ! Désolé, il vous faudra imaginer.
Alors Framboisine, je te donne la recette, j'ai toujours l'imperméable et je te garantis qu'installée devant une boutique Orange Télécom, tu t'offriras un franc succès.
18:23 Publié dans Contes du grillon | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
10.07.2007
Dressage de chiens d'arrêt
Toujours en 1939, la chienne Hiram a donné naissance a une portée de chiots, épagneuls bretons rondouillards et espiègles. Mes parents avaient également un lapin apprivoisé, que respectait Hiram.
Regardez bien qui a peur de l'autre, quand les chiots sont mis en présence du lapinos de belle taille. C'est surtout vers la fin de la séquence.
Les deux chiots vont rester avec nous, Nic pour le mâle et Nina pour la femelle. Ils m'accompagneront jusqu'au collège.
15:10 Publié dans Boite à chaussures | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
09.07.2007
La suite de Fons Regina avec le paon.
Après une épuisante partie de cerceau, quoi de plus naturel qu'un goûter, partagé avec un paon. L'épagneul breton de mon enfance, la chienne Hiram, va bientôt devenir le premier souvenir vivace. Elle est dans ma mémoire couchée dans un grand panier, au pied de la chaudière à charbon, et ne se relèvera pas ce matin là. Elle est là, en couleur, douce et attachante gardienne.
Jean Ferrat a chanté son berger.
Le paon attirait davantage la caméra que la Bugatti paternelle, toute neuve, qu'il venait d'aller chercher dans les usines à Molsheim. Un cabriolet Ventoux décapotable jaune et noir au long museau dont l'odeur de cuir et d'huile de ricin est imprégnée à tout jamais dans mes neurones.
Sous un chapeau, car en ce temps là, l'été était à l'heure, le petit bonhomme et son copain nourissent avec ardeur le paon.
Il y aura pendant longtemps un grand bouquet de plumes sur la commode du salon. Perdues ou subtilisées ? Ma mémoire est infidèle !!
Demain, on retourne à Marseille , si vous n'êtes pas fatigué de ces bouts de films .
11:15 Publié dans Boite à chaussures | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
06.07.2007
Le grillon à la plage en barboteuse.
Continuons avec les films familiaux, et aujourd'hui, je vous présente le grillon à 18 mois. La démarche est plus asssurée, et il a été emmené à la mer, sur la Corniche, à Marseille. Cette plage, dénommée "plage du Prophète" est alors familiale, rendez vous des gens d'Endoume, vieux quartier sous Notre Dame de la Garde. Des pêcheurs y abritent leurs "pointus" , qu'il leur faut tirer sur les galets lorsque souffle le vent d'est.
Le chien , dénommé Rip, appartenant à ma tante Henriette,a été un compagnon de jeux parfait.
Plus loin, sur le sable, la famille est au "Prado". Je suis certain que vous serez conquis par l'élégance des toilettes des dames. Les scènes sont de juillet 1937. On y venait en tramway.
Ensuite, le dernier extrait vous montrera Paris en août de la même année, où mon père, alors agé de 30 ans, participait à un championnat d'aviron en 8 barré, sur la Seine.
Les images de Paris sont à la fois désuettes et savoureuses. Je demande votre attention quand vous verrez l'obélisque de la place de la Concorde. Une voiture est garée au pied. Elle appartient à mon provincial de papa !! Heureuse époque où il était permis de se garer Place de la Concorde.
Vous reconnaitrez sans peine les monuments: eux n'ont pas changé.
La limite des 150 Mo impose la coupure d'Yves Montand. Continuez à la fredonner................... C'est bien !!!
A demain, si vous le voulez bien !
11:15 Publié dans Boite à chaussures | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note