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04.08.2007

Macon: Championnat de France d'aviron en 1949

Bien qu'âgé de plus de 43 ans, mon père conservait sa passion pour l'aviron. Il avait ramé dans le 8 outrigger du Cercle Nautique Marseillais lorsqu'il était étudiant, jusqu'à ce qu'un accident de moto le prive de l'usage intégral du bras gauche.
Alors, il était devenu barreur. Sa petite taille, un poids bien en dessous de la moyenne, entretenu naturellement dans des séances de courses à pied, de ski ou des parties de chasse, lui ont permis de figurer avec les garçons pendant longtemps.
La quarantaine approchant, les jeunes avaient pris la relève , mais chez les dames, les "barreuses" n'étaient pas légion. Et rien n'interdisait dans le règlement qu'un homme tienne la barre. Donc, mon digne père entraîna longtemps ces dames dans les eaux de Vieux Port et la rade de l'Estaque, entre le Ferry Boate et les paquebots Ville d'Alger ou Ville d'Oran.
Sur le marbre du buffet, dans la salle à manger, trônait la maquette d'un 8, avec les rameurs en métal courbés sur leurs pelles, trophée d'un grand prix de France.
Cette séquence se passe à Macon. C'est la dernière course à laquelle il va participer. Il barre un quatre féminin et cet équipage va remporter les championnats de France avec le célèbre C.A.M aux couleurs blanches et bleues. ( Cercle de l'Aviron de Marseille. )
Comme le veut la coutume, le barreur est jeté à l'eau par son équipage après la victoire.

J'ai recherché sans succès quelles étaient les damoiselles qui avaient fait les efforts pour tirer mon père, qui, sur son siège, se contentait de hurler les ordres.


03.08.2007

Une communion en 1949

Après la confirmation, soeurette a revêtu la longue robe blanche pour la communion. Elle marchait sur ses 12 ans.

Les caméras d'alors ne permettaient pas de filmer dans les églises et c'est à la sortie de père, mal placé devant une colonie de chapeaux , tentera d'apercevoir sa fille.
Il se rattrapera chez le photographe, qui tenait boutique juste au rez de chaussée de notre immeuble. Sa devanture regorgeait de photos de bébés à plat ventre, les cheveux éclairés par un savant contre jour, de mariés se regardant tendrement et de communiantes les yeux lévés vers un créateur invisible.
Le tout en couleurs roses et blanches, du plus bel effet pour les ménagères passant sur son trottoir.

La famille s'y rendra le jour de la communion, pour se faire prendre en petits groupes, et le père choisira dans l'album celle qui sera envoyée à la parentèle pour indiquer audelà des cloches de Marseille que le petite cousine était en règle avec l'église. Le paquet de dragées qui accompagnera la photo sera pesé à l'aulne des relations. Pas d'amandes pour la famille untel qui ne s'était pas manifestée au décès de l'oncle, un paquet pour chaque petit chez les cousins machins qui venaient toujours avec un panier de fraises ou un cageot d'asperges.

La séquence se termine par les deux communiantes de la famille, soeurette et sa cousine germaine, posant pour les photographes , juste avant le repas. Elles étaient à jeun depuis le matin et devaient trouver le temps long.

Le père se mettra désormais rarement derrière un objectif de caméra. Il tournera trois ou quatre séquences, le moral n'était plus là, jusqu'à ce qu'il rencontre la deuxième femme de sa vie.

Vous subirez ces dernières dans les jours qui viennent.