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10.01.2008

Une pastorale: 1

Les mois de décembre et janvier sont en Provence, depuis le Moyen Age ans, ceux des Pastorales, jouées par des troupes de village. On en compte plus de 200, depuis le première en 1300 et quelques.

Celles qui sont jouées dans les environs de mon terrier le sont par des troupes d'amateurs. Les plus renommées viennent de Barbentane, d'Avignon, ou tout proche, du village voisin de Mazan où s'active la troupe " Di gènt dou Brès ".
En patois local, compris par tous les anciens aux alentours, ces derniers ont donné dimanche dernier la pastorale "L'oulo d'Arpian" , ( la marmite d'Arpian) écrite en provençal,en 1904, par Marius Chabrand .
Elle comprend quatre actes chantés: le village de Bethléem; Dans les collines; Un conseil municipal à Bethléem; La sainte étable. La vie du village d'alors s'entremêle à l'histoire sainte et les plaisanteries sur les habitants qui se reconnaissent font rire toute la salle. Les acteurs prennent des libertés avec le texte et improvisent. En cette période pré- électorale, il y a eu des sous-entendus qui en disaient long.


Plantons le décor :

Lou tiatre retrais uno plaço de vilage. Au founs, à senèstro uno
carriero qu’aperalin s’esperlongo; au founs, à drecho, subre un
plan un pau mai proche, l’oustau-de-vilo, que la grando porto n’es
en visto dóu publi. Au proumié plan, à drecho, l’aubergo de la
Cabro d’Or; au proumié plan, à senèstro, lou cafè dóu Soulèu.





Vous y êtes ? Vous êtes à Bethléem. Les villageois sont sur la place, les jeunes jouent du tambourin et du galoubet, d'autres bavardent, c'est une journée de repos au village. Les derniers spectateurs regagnent leur place. La représentation commence.



Hérode est roi de Judée sous César Auguste. Ce dernier ordonne le recensement de tous ces sujets. A Betelèn, l'opération est conduite par le très honorable maire Matiéu, aidé dans son oeuvre par son commis Gau-Gallin porté sur la bouteille et par Chouio, son garde champêtre



La tête enflée, il chante ses propres louanges:

Me podon sousprene sus rèn. On ne peut me coller sur rien
Siéu pas niais, nimai ignourènt! Je ne suis ni bête, ni ignare
Bèn que nascu d’un faturaire, Bien que fils d'un laboureur
Siéu lou Maire de Betelèn! Je suis le maire de Bethléem
Lou gouvernour de la Judèio, Le gouverneur de la Judée,
Tres cop pèr semano m’escriéu, Trois par semaine m'écrit
E lou rèi de la Galilèio et le roi de Galilée
Pren si counsèu de quau? De iéu. prend ses conseils de qui ? De moi !
Meme lou grand Cesar de Roumo Même le grand César de Rome
L’Emperaire dóu mounde entié, l'Empereur du monde entier
Saup ma valour. Vès, de la poumo connait ma valeur. Vois, avec une pomme
M’a decoura, iéu lou proumié. m'a décoré, moi le premier
Siéu lou Maire, etc. Je suis le maire etc ..




Arpian, l'aubergiste de la Chèvre d'or, le plus riche du village, a entendu parler de la nouvelle. Avare, il se frotte les mains, pensant à tout le monde qui sera obligé de venir manger et boire chez lui. Il exploite sans scrupules ses deux domestiques, Nanan le perfide et surtout Bartoumiéu, le benêt.



Il envoie Nanan aux commissions, en lui recommandant de ne pas dépenser, en oubliant de lui donner de l'argent ! Nanan chante tout ce qui se dit dans le dos d'Arpian au village !



Bartoumièu arrive de la corvée de bois pour les fourneaux. Il chante sa détresse, sa fatigue et dit tout le mal qu'il pense de son "rapiat" de patron. Celui ci arrive et l'envoit sans ménagement aux cuisines avec une liste longue comme le bras de travaux à faire.



Chargé par le maire d'annoncer la nouvelle du recensement, Gau-Gallin s'éclaircit la voix avant de souffler dans son clairon. Il chante les bienfaits du vin, à sa façon.


Mais quand il commence à vouloir emboucher son clairon, complètement bourré, c'est un couac lamentable. Le garde champêtre prend la relève, lit le décrêt du recensement, en flattant le maire comme il se doit !


A la population rassemblée, le maire offre un verre et tous font la fête, chantent et dansent en l'honneur de l'Empereur César.




Fin de l'acte 1.

Commentaires

Non je ne dors pas mon ami mais le peu de temps que je consacre aux écritures concerne justement celles ci.J'ai tant de papiers à recopier que si je ne mets pas un peu d'ordre je suis perdu,comme déja écrit,ce n'est pas le produit pour alimenter les notes qui manque, mais le classement et le temps car je fais pas mal de choses à la maison et ailleurs.
C'est beau ce que tu fais mais sans son pourquoi? mystère,j'aime toutes ces manifestations qui changent de la télé drogue et souvent de mauvaise qualité.
Je vais revenir,mais si je veux essayer de pondre un manuscrit comme j'ai déja fait,à 70 ans il me reste peu de temps.
Amitiés mon ami, Valter.

Ecrit par : Prof Lefrére | 10.01.2008

comme je m'interrogeais sur le mot "pastorale"...;tu as devancé ma question en nous livrant les secrets de ces syanètes , précises et musicales ,une tradition de la Provence, je crois. Ils n'ont pas l'air de s'ennuer les acteurs....mais le petit vin du pays n'est-il pas de la partie? Merci pour tes vidéos.



Je t'embrasse
hélène

Ecrit par : hélène | 10.01.2008

JE vais revenir admirer et lire, que de belles photos

bises

Ecrit par : Marie | 10.01.2008

Bravo Christian,bravo ,bravo ( mes mains deviennent rouges " à faire mal".)

Quel reportage!j'en redemande! je me suis surprise à rire à haute voix!Une réussite!

Jusqu'à présent Pastorale était associé à une symphonie...

merci aussi pour le temps que tu consacres à ton blog.

Bises d'une betty enthousiaste!

Ecrit par : betty | 10.01.2008

un passage très rapide chez toi à la fraiche...je me suis permis de mettre " sous le coude" le CT que tu m'as laissé car tu fichais en l'air ma "suite et fin" de ce jour ( à paraître ce soir)
je suis certain que tu ne m'en voudras pas
amicalement

Ecrit par : henri | 11.01.2008

belle troupe tout en couleur. Ca a dû être un vrai moment de régal ce spectacle !! félicitations aux acteurs qui y mettent toutes leurs tripes et merci pour ce beau reportage que tu nous offres .
bonne journée

Ecrit par : michka | 11.01.2008

la tradition existe ici aussi, Pastorale en Béarnais, un peu difficile mais en gros j'arrive à suivre, à Lescar, âne, moutons et brebis crottant allègrement dans la cathédrale, festival de bérets pour les acteurs et les spectateurs.
Pastorale en Basque, alors là, je craque et m'endors, et en plus c'est lent et long,et ma comprennette en prend un coup
les Provençaux tiennent un autre rythme.

Ecrit par : framboisine | 14.01.2008

Merveilleux de nous faire vivre ces pastorales provençales. Un régal, mais que de temps pour nous transmettre tout ça.
Bravo à toi.
Amitiés
Jean-Louis

Ecrit par : Jean-Louis | 14.01.2008