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28.06.2008

Devoir de mémoire ou blog ? Que choisiriez vous ?

L'entreprise de fondations qui m'a fait vivre a une longue histoire, à l'échelle des entreprises. Fille d'un ingénieur Italien, Giovanni Rodio, née en 1921 à Milan, elle s'implanta en France, devint après la guerre Solétanche. J'y fus nourri de 1960 à 1996, sans interruption. Devenue Soletanche-Bachy avec la fusion avec le numéro 2, c'est une entreprise prospère qui est rentrée depuis peu maintenant dans le groupe de travaux publics Vinci.

Le déménagement des bureaux de Nanterre, datant de 1956, vers des locaux à Rueil, va s'accompagner de compressions d'archives. Les vieux dossiers des années 30, jusqu'à la fusion avec Bachy en 1997 seront sacrifiés dans l'opération et mis en décharge.

L'association des anciens de Soletanche a déjà, avec l'accord des dirigeants de la Société actuelle, remis un bel échantillonage de ce qui constituait le savoir faire de l'entreprise et de son évolution aux Archives Départementales des Hauts de Seine. Mais il n'est pas question de tout mettre.

Le patron du bureau d'études, le Professeur Cambefort, un sacré bonhomme que les patrons (et tous les autres) appelait "Maître" faisait réaliser un dossier photo pour chaque chantier ou presque. Ces archives photos constituent une mémoire impressionnante de près de 2000 albums dont 200 ont été versés aux archives. Les autres iront à la benne !


J'ai entrepris de mettre les 1800 albums sur un support numérique à temps perdu, depuis le début de 2008, quand le déménagement à Rueil a été connu. Comme chaque album compte des dizaines de photos, faites le compte. Si une bonne partie est réalisée, il me faut trouver quelques semaines d'ici fin septembre. Ceci ne sera pas facile avec juillet et août remplis de petits enfants et deux balades en septembre de 10 jours chacune.

Dans ce contexte, le temps libre pour le blog sera réduit, très réduit. Mais je pense que je n'ai pas le droit de rater la dernière chance de sauvegarder un patrimoine, même si beaucoup de photos ne valent pas grand chose.
Que feriez vous à ma place ? J'ai commencé et un autre ne saurait reprendre !!!
Il y a des perles dans le lot.

Voici une parmi les albums transférés aux archives du 92. Le début des travaux de la Tour Montparnasse.






Et deux autres des fonsations du pylone émetteur de Radio Cité à Argenteuil, pylône de 150 m mis en service en 1937.




A côté des images de cette "campagne" où les asperges d'Argenteuil alimentaient la capitale, j'ai retrouvé les lignes écrite par une habitante à l'occasion de ces souvenirs en 2003. Je vous les livre.






Les souvenirs d’une jeune auditrice
"Radio Cité" - Je me souviens...
Article paru dans Impressions de Nov 2003 n°75 (Tous droits réservés)
"Sur les hauteurs de la cité Balmont, s’élevait jadis la grande antenne du poste émetteur de Radio Cité, visible depuis la fenêtre de ma chambre. Nous habitions alors avec mes parents un modeste pavillon à Orgemont. L’histoire de cette légendaire station, fondée en 1934, par le génial publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet est à jamais rattachée à ma jeunesse...

Selon les archives du Comité d’histoire de la Radiodiffusion, cette implantation ne fut pourtant pas facile

Selon les archives du Comité d’histoire de la Radiodiffusion, cette implantation ne fut pourtant pas facile :

"En plein Front populaire, le maire organise en 1936, avec des adhérents de l’association Radio-Liberté, des meetings, pour réclamer l’abrogation du décret du 28 septembre 1935 autorisant le transfert de l’émetteur capitaliste à Argenteuil ! Le principal prétexte invoqué est que les auditeurs de la région ne pourraient plus entendre d’autre poste que Radio Cité en raison du rayonnement de l’antenne proche. Sur la menace d’organiser à son tour des réunions publiques, Marcel Bleustein réussit à nouer le dialogue. Enfin, le 3 février 1937, le publicitaire confirme les accords qu’il a souscrits avec la mairie. Il verse, par chèque, une contribution de 30 000 francs aux oeuvres de la municipalité et s’engage à faire régler par ses services techniques, les postes des citoyens d’Argenteuil, voire à les remplacer gratuitement s’il ne leur était pas possible de capter d’autres stations. Après bien des péripéties, Radio-Cité émet d’Argenteuil, à partir de mai 1937. Ce fameux pylône d’antenne de 150 mètres était d’un type nouveau à grand gain et allait décupler le rayonnement tout en conservant la puissance initiale !"

Cette radio que nous écoutions avec passion sur le vieux poste de mon papa, à cause de son ton nouveau et jeune, influencera toute la radio d’avant-guerre. Son jeune directeur artistique, Jacques Canetti, louait des salles et créait les émissions publiques gratuites, comme le fameux Crochet radiophonique patronné par Monsavon, l’une des marques du groupe l’Oréal. Le succès de l’émission diffusée en public, de la salle Pleyel et du cinéma Normandie à Paris était total ! La station inventera le Music-hall des jeunes, où triomphera en solo Charles Trenet, et fera connaître la première, les chansons d’Edith Gassion... "la mome Piaf".

Je me rappelle ainsi avoir écouté diverses émissions comme : Les Fiancés de Byrrh, les Chansonniers en liberté, La Minute du bon sens. On suivait aussi La famille Duraton et le fameux Sur le banc, discussion d’un couple de clochards, interprété par Raymond Souplex et Jeanne Sourza.

Une réelle complicité s’était établie entre cette radio et nous. En 1938, l’Association des Auditeurs et petits amis de Radio Cité, dont je faisais partie, s’était créée. La station inaugura même des croisières, des excursions-surprise en train, avec pique nique offert à ses auditeurs invités.
Radio Cité avait innové également sur le plan de l’information, en étant plus rapide que la presse écrite et aussi en lançant diverses émissions, dont La Tribune des jeunes animée par Pierre Crénesse.

Je me souviens très bien de tous ces rendez-vous. J’avais obtenu de mes parents la permission d’aller suivre ces émissions, le jeudi, soit en enregistrement public à Paris, après avoir livré les robes cousues par ma mère, soit quand ils enregistraient dans l’ancien casino d’Orgemont, rue Pasteur. Notre professeur de l’Ecole Carnot nous a même aidé lors de deux Journaux scolaires réalisés au micro de Radio Cité, où je me souviens avoir retracé au micro l’historique de la ville !

Comme nous l’apprennent encore les archives, mobilisée pendant la "Drôle de guerre", Radio Cité diffusera des bulletins en tchèque, italien, roumain et anglais, à partir d’octobre 1939. Après l’invasion du 10 mai 1940, l’émetteur d’Argenteuil est miné pour être détruit, mais les officiers du Génie s’enfuient avant de le faire sauter. Quelques semaines plus tard, il va faire partie du réseau de l’Office d’information de l’armée allemande en campagne.

A Orgemont, nous écoutions Radio Londres au sous-sol de notre pavillon pendant toutes ces dures années. Hélas, pendant les combats de la Libération, trois résistants seront abattus au pied de cet émetteur au départ des soldats allemands. Soldats qui dynamitèrent, à 6h du matin, ce 25 août 1944 l’antenne (une poutrelle à treillis de 3m de côté faite pour résister à un vent de 200 kg par m2), qui nous avait apporté tant d’informations et de distractions avant guerre. C’était la fin d’une époque et de Radio Cité. Aujourd’hui, la télévision le dispute à la radio dans mes choix, mais c’est toujours avec nostalgie que je feuillette le bulletin programme de Radio Cité... que j’ai précieusement conservé."


Solange Le Lièvre est née à Argenteuil en 1921. Son père ancien de la Marine en 1914-1918 était devenu ajusteur chez Bendix à Gennevilliers et sa mère couturière. Sa famille a longtemps habité sur les hauteurs d’Orgemont. Secrétaire de direction, aujourd’hui à la retraite, cette Argenteuillaise reste très active, notamment auprès des anciens de La Maison du Lac à Enghien.

Commentaires

Il faut choisir selon ton coeur. Il est important de laisser des traces de notre histoire. Si tu as commencé, il est necessaire de continuer mais ne pourais tu reussir à convaincre quelqun de t'aider?
Celà va effectivement te prendre du temps et tu vas trop nous manquer!Alors essaies de nous garder une petite place dans ton emploi du temps!

Une pensée pour ton oncle et pour sa famille. Bisous

Ecrit par : fleurbleur | 28.06.2008

Il faut choisir selon ton coeur. Il est important de laisser des traces de notre histoire. Si tu as commencé, il est necessaire de continuer mais ne pourais tu reussir à convaincre quelqun de t'aider?
Celà va effectivement te prendre du temps et tu vas trop nous manquer!Alors essaies de nous garder une petite place dans ton emploi du temps!

Une pensée pour ton oncle et pour sa famille. Bisous

Ecrit par : fleurbleur | 28.06.2008

Je comprends où penche ton coeur, tout ce passé à ressusciter, une partie de ta vie...mais, s'il te plait, pense à tes amis du blog, impatients de voir se dérouler les couleurs chatoyantes du pays thailandais!!

Heureuse de te retrouver aprés ce passage difficile pour ta famille..mais d'autres joies t'attendent, les petits enfants, leurs sourires, leur tendresse, et çà, c'est important....


Je t'embrasse
hélène

Ecrit par : hélène | 28.06.2008

C'est une bonne idée que de mettre à "l'abri" certaines archives qui sont certainement très chères à ton coeur. Dommage qu'elles prennent la route la benne. Mais en arriveras-tu à bout ? Ce n'est pas un mince travail et cela présage de remuer pas mal de papier. En tout cas, moi je pense que tu es courageux et que c'est une bonne initiative. Encore une pensée pour ton oncle.
Bises au grillon courageux.

Ecrit par : pimprenelle | 28.06.2008

je crois que tu n'as pas le choix; c'est évident
tu dis bonjour de temps en temps et puis voilà
bon courage et amitié

Ecrit par : henri | 28.06.2008

Difficile de savoir ce que je ferais moi si j'étais à ta place. D'un autre côté, récupérer de telles photos souvenirs aussi importantes, est un devoir auquel tu ne peux te soustraire. Alors, dilemne ! Mais je sais bien que tu vas trouver la solution. Si tu es un peu moins avec nous, nous saurons t'attendre. C'est que tu as eu une vie tellement riche à tous points de vue, que j'en suis impressionnée.

En attendant tes apparitions,
Je t'embrasse,

Aliette

Ecrit par : Aliette | 28.06.2008

Un bonjour en passant bon dimanche

Ecrit par : mamita | 29.06.2008

Bonjour ,

Bien belle note .
Pourquoi les Archives Départementales ne conservent t'elles pas tous les albums ?
Et évidemment , le devoir de mémoire prime sur l'instantanéité de votre blog , surtout dans ce cas de figure .
Je n'arrive pas à comprendre comment on peut " jeter " tant de mémoire comme ça !!! Je pense qu'il y a toujours une solution ... des dons , des dépots à des associations , à des privés férus d'histoire, que sais je encore ...
Décidément , la mémoire et l'oubli ont de l'avenir ....
Bien à vous et encore merci pour votre magnifique action .
Michel .

Ecrit par : lebrac | 29.06.2008

Tu as raison, tous ses souvenirs sont précieux
tu viendras de temps en temps nous faire un petit coucou
bon courage
bisous

Ecrit par : anne-marie | 29.06.2008

Ta décision est déjà prise et c'est la bonne puisque tu as décidé de la prendre....Donc surprise, surprise...et à bientôt.Amitiés

Ecrit par : Allier-née | 29.06.2008

Il n'y a pas à hésiter, le devoir de mémoire prime !
Pense à notre Ami Marcel qui a transmis ses connaissances, les Résistants et Déportés transmettent aussi ce qu'ils peuvent raconter et dans toutes les branches professionnelles ça se passe comme ça, à mon syndicat on transmet aussi ...
Bises mais surtout bon courage car le travail ne va pas manquer !
Biche

Ecrit par : Biche | 30.06.2008

Bonjour Grillon,
Je suis étonnée que les Archives Départementales ne conservent pas de tels documents . A mon avis, il serait vraiment dommage de les détruire puisque tu as la chance de les avoir en ta possession .. et tant mieux grâce à toi, la mémoire de la "France" ne sera pas tout à fait perdue ..
bises bien chaudes de Haute Savoie !!

Ecrit par : michka | 01.07.2008

Bonjour Christian,
Sans hésitation si j'avais tes capacités, j'entreprendrais ce long travail de sauvegarder tous ces documents-souvenirs photographiés, pour pouvoir un jour les transmettre; aujourd'hui on a tendance à tout jeter aux poubelles. Des souvenirs comme ça : c'est de l'or. Et tu l'as en ta possession.
Bises
Angelina.

Ecrit par : Angelina | 08.07.2008

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