« 2008-04 | Page d'accueil | 2008-07 »

30.06.2008

06 Photos des mariés

C'est le jour des photos de mariage, c'est le jour où la jeune mariée rayonne et resplendit dans son écrin. Aussi le photographe commence par une série où elle tient seule la vedette. Sans se forcer, elle est ravissante ! Les clichés seront prêts le lendemain.

Le mariage aura lieu dans 8 jours, mais il nous les faut pour les montrer à une partie de la famille qui est à 7 heures de route au nord. Nous y partirons demain.





Puis , son futur la rejoint, debout à ses côtés. Les 36 poses sont codifiées, identiques pour tous les couples. Nous avons feuilleté les albums d'autres jeunes et nous retrouvons les mêmes accessoires, la même mise en scène.




Puis ils sont assis, regardant vers le futur !




Suprème concession dans un pays somme toute plus macho qu'il n'y parait, cette photo, où le mari sert le café à son épouse se doit d'être prise. La jeune mariée l'a montré d'ailleurs à ses copines !!! Nous lui avons réservé une surprise à notre façon.





Puis, la séance se poursuit dans la deuxième tenue, la même que celle que nous avons endossée. Seule toujours, aussi éblouissante.




Puis debout tous les deux. Le photographe règle les poses comme un maître de ballet. La main ici, le sac là, le collier de fleur de jasmin bien ouvert , etc ....




Et si Monsieur se permet des fantaisies, qu'il n'oublie pas que Madame sait se servir d'un sabre !!!




Une tasse de café pour bien montrer qu'il sera attentionné plus d'une fois !! Hum, tousse la belle mère qui a bien l'intention d'affranchir sa belle -fille sur la façon dont elle a élevé son rejeton !!!!




Et on termine par un époux qui retrouve la cane et une épouse souriante.




En tout, les mariés auront eu droit à 36 poses, comme au temps de l'argentique et devront en choisir 24 pour leur album, dont le grand portrait qui figurera en bonne place pendant les cérémonies.

Puis comme les jeunes souhaitaient une photo où nous étions tous les quatre, nous nous sommes pliés à leur demande. Une, puis deux, puis trois et pour finir 12 clichés aussi codifiés que ceux des mariés. Je ne vous en montre qu'une des douze




Car nous croyions en avoir fini avec les photos. C'était encore une fois mal connaître ce pays. Le photographe avait reçu des ordres, la promesse d'un salaire et il n'entendait pas se contenter des douze seuls clichés !! Il nous en restait 24 à faire, pour arriver aussi à 36 !!! Pas question de le vexer en refusant ! Mais pas question de reproduire des scènes bibliques !!!


Alors, un autre demain, pour la suite des aventures des grillons devant l'objectif ! Soyez au rendez-vous, vous ne serez pas déçus.

29.06.2008

05 Essayage

Hier, les costumes n’ont pu être choisis. Aussi, ce matin, départ de bonne heure pour en décider, à six, les parents et les jeunes.

Déchaussés à l’entrée du magasin, comme tout le monde, le papa et moi attendons assis que les dames fassent leurs premières sélections. L’expérience nous a appris, tant au Siam qu’en France, qu’il est inutile de vouloir choisir d’abord et que la patience dans cet exercice est une vertu cardinale. Et nos hôtes nous laissent choisir en premier, ce qui est bien génant.

Christiane opte, dans un temps raisonnable pour une dame, pour un ensemble vert clair et je choisis ensuite une veste de soie jaune or parmi les tailles XXL nécessaires.

Nous apprenons alors que nos tenues doivent être assorties. Celles des parents de la mariée aussi. Pas question d’un rouge pour mon épouse et d’un bleu ciel pour moi. Cette remarque nous fait comprendre que quelque chose ne va pas.

Je lâche la veste jaune, couleur que le papa choisit aussitôt. A partir de là ; tout va très vite. Le jaune or, c’est la couleur qu’il se doit de porter, car c’est un signe de respect pour le roi dont c’est la couleur favorite. J’ai failli commettre un impair en le privant de cette tenue. Nous ne pouvions avoir la même couleur !

Avec le vert de Christiane, une veste plus sombre tirant sur le beige semble convenir, tandis que la maman opte pour un mélange de jaune et vert. Les retouches seront faites pour le soir.

Les futurs peuvent passer à l’étape suivante : la coutume veut qu’un portrait de belle taille soit placé à l’entrée de la maison où se tient le mariage. Et une telle œuvre demande de nombreuses prises. Les jeunes nous demandent si nous voulons les accompagner chez le photographe. Ce sont les seuls qui parlent anglais et nous les suivons. Les parents nous quittent là.


La boutique, en plein centre ville, est spécialisée dans les photos de mariage. Elle regorge de tenues de toutes sortes, tant pour hommes que femmes. Tout se loue, depuis les (faux) bijoux jusqu’aux robes et tenues de gala.


Voici quelques robes, sur des présentoirs. L’une de ces robes sera portée par la mariée, qui changera deux fois dans la journée.

Si je n’ai pas osé sortir l’appareil photo devant les essayages du matin, ici, je ne m’en suis pas privé.



























Ca y est, les mariés ont choisi leur tenue et vont passer au salon de maquillage, de coiffure, revêtir les ornements traditionnels et se faire photographier dans les poses conventionnelles de la société Thaïlandaise.





Voila le fourbi d'un salon de maquillage qui ne cède en rien à celui que je connais chez nous ....




Et nous ne sommes pas autorisés à voir ce que fait le photographe professionnel. Nous sommes prévenus que nous aurons une assez longue attente. Les jeunes nous demandent si cela nous ferait plaisir de nous faire photographier avec eux. Quels sont les parents qui diraient non ?

Je ne savais pas à quoi je m'exposais. Pas possible de rester en chemise et pantalon européens ! Il faut de la soie Thaie ! Choisssissez une veste pour commencer !






Christiane est perplexe à son tour !!!





Non, cette veste blanche est manifestement trop étroite pour l'enfant de 8 mois que je nourris depuis plusieurs années.




Celle-ci va mieux, mais avec le panta-court, il me faudra des chaussettes !! Quand je vous disais que je ne savais pas dans quelle galère je m'embarquais. Chrisitiane me trouve certes séduisant, mais taquine un peu l'élu de son coeur.





Mais elle ne perd rien pour attendre et se retrouve dans une panoplie d'impératrice complètement inattendue.
Avouez qu'elle a du chien !!!




Je vous retrouve plus tard pour la séance de photos, avec quelques explications de mon cru ! A bientôt.

28.06.2008

Devoir de mémoire ou blog ? Que choisiriez vous ?

L'entreprise de fondations qui m'a fait vivre a une longue histoire, à l'échelle des entreprises. Fille d'un ingénieur Italien, Giovanni Rodio, née en 1921 à Milan, elle s'implanta en France, devint après la guerre Solétanche. J'y fus nourri de 1960 à 1996, sans interruption. Devenue Soletanche-Bachy avec la fusion avec le numéro 2, c'est une entreprise prospère qui est rentrée depuis peu maintenant dans le groupe de travaux publics Vinci.

Le déménagement des bureaux de Nanterre, datant de 1956, vers des locaux à Rueil, va s'accompagner de compressions d'archives. Les vieux dossiers des années 30, jusqu'à la fusion avec Bachy en 1997 seront sacrifiés dans l'opération et mis en décharge.

L'association des anciens de Soletanche a déjà, avec l'accord des dirigeants de la Société actuelle, remis un bel échantillonage de ce qui constituait le savoir faire de l'entreprise et de son évolution aux Archives Départementales des Hauts de Seine. Mais il n'est pas question de tout mettre.

Le patron du bureau d'études, le Professeur Cambefort, un sacré bonhomme que les patrons (et tous les autres) appelait "Maître" faisait réaliser un dossier photo pour chaque chantier ou presque. Ces archives photos constituent une mémoire impressionnante de près de 2000 albums dont 200 ont été versés aux archives. Les autres iront à la benne !


J'ai entrepris de mettre les 1800 albums sur un support numérique à temps perdu, depuis le début de 2008, quand le déménagement à Rueil a été connu. Comme chaque album compte des dizaines de photos, faites le compte. Si une bonne partie est réalisée, il me faut trouver quelques semaines d'ici fin septembre. Ceci ne sera pas facile avec juillet et août remplis de petits enfants et deux balades en septembre de 10 jours chacune.

Dans ce contexte, le temps libre pour le blog sera réduit, très réduit. Mais je pense que je n'ai pas le droit de rater la dernière chance de sauvegarder un patrimoine, même si beaucoup de photos ne valent pas grand chose.
Que feriez vous à ma place ? J'ai commencé et un autre ne saurait reprendre !!!
Il y a des perles dans le lot.

Voici une parmi les albums transférés aux archives du 92. Le début des travaux de la Tour Montparnasse.






Et deux autres des fonsations du pylone émetteur de Radio Cité à Argenteuil, pylône de 150 m mis en service en 1937.




A côté des images de cette "campagne" où les asperges d'Argenteuil alimentaient la capitale, j'ai retrouvé les lignes écrite par une habitante à l'occasion de ces souvenirs en 2003. Je vous les livre.






Les souvenirs d’une jeune auditrice
"Radio Cité" - Je me souviens...
Article paru dans Impressions de Nov 2003 n°75 (Tous droits réservés)
"Sur les hauteurs de la cité Balmont, s’élevait jadis la grande antenne du poste émetteur de Radio Cité, visible depuis la fenêtre de ma chambre. Nous habitions alors avec mes parents un modeste pavillon à Orgemont. L’histoire de cette légendaire station, fondée en 1934, par le génial publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet est à jamais rattachée à ma jeunesse...

Selon les archives du Comité d’histoire de la Radiodiffusion, cette implantation ne fut pourtant pas facile

Selon les archives du Comité d’histoire de la Radiodiffusion, cette implantation ne fut pourtant pas facile :

"En plein Front populaire, le maire organise en 1936, avec des adhérents de l’association Radio-Liberté, des meetings, pour réclamer l’abrogation du décret du 28 septembre 1935 autorisant le transfert de l’émetteur capitaliste à Argenteuil ! Le principal prétexte invoqué est que les auditeurs de la région ne pourraient plus entendre d’autre poste que Radio Cité en raison du rayonnement de l’antenne proche. Sur la menace d’organiser à son tour des réunions publiques, Marcel Bleustein réussit à nouer le dialogue. Enfin, le 3 février 1937, le publicitaire confirme les accords qu’il a souscrits avec la mairie. Il verse, par chèque, une contribution de 30 000 francs aux oeuvres de la municipalité et s’engage à faire régler par ses services techniques, les postes des citoyens d’Argenteuil, voire à les remplacer gratuitement s’il ne leur était pas possible de capter d’autres stations. Après bien des péripéties, Radio-Cité émet d’Argenteuil, à partir de mai 1937. Ce fameux pylône d’antenne de 150 mètres était d’un type nouveau à grand gain et allait décupler le rayonnement tout en conservant la puissance initiale !"

Cette radio que nous écoutions avec passion sur le vieux poste de mon papa, à cause de son ton nouveau et jeune, influencera toute la radio d’avant-guerre. Son jeune directeur artistique, Jacques Canetti, louait des salles et créait les émissions publiques gratuites, comme le fameux Crochet radiophonique patronné par Monsavon, l’une des marques du groupe l’Oréal. Le succès de l’émission diffusée en public, de la salle Pleyel et du cinéma Normandie à Paris était total ! La station inventera le Music-hall des jeunes, où triomphera en solo Charles Trenet, et fera connaître la première, les chansons d’Edith Gassion... "la mome Piaf".

Je me rappelle ainsi avoir écouté diverses émissions comme : Les Fiancés de Byrrh, les Chansonniers en liberté, La Minute du bon sens. On suivait aussi La famille Duraton et le fameux Sur le banc, discussion d’un couple de clochards, interprété par Raymond Souplex et Jeanne Sourza.

Une réelle complicité s’était établie entre cette radio et nous. En 1938, l’Association des Auditeurs et petits amis de Radio Cité, dont je faisais partie, s’était créée. La station inaugura même des croisières, des excursions-surprise en train, avec pique nique offert à ses auditeurs invités.
Radio Cité avait innové également sur le plan de l’information, en étant plus rapide que la presse écrite et aussi en lançant diverses émissions, dont La Tribune des jeunes animée par Pierre Crénesse.

Je me souviens très bien de tous ces rendez-vous. J’avais obtenu de mes parents la permission d’aller suivre ces émissions, le jeudi, soit en enregistrement public à Paris, après avoir livré les robes cousues par ma mère, soit quand ils enregistraient dans l’ancien casino d’Orgemont, rue Pasteur. Notre professeur de l’Ecole Carnot nous a même aidé lors de deux Journaux scolaires réalisés au micro de Radio Cité, où je me souviens avoir retracé au micro l’historique de la ville !

Comme nous l’apprennent encore les archives, mobilisée pendant la "Drôle de guerre", Radio Cité diffusera des bulletins en tchèque, italien, roumain et anglais, à partir d’octobre 1939. Après l’invasion du 10 mai 1940, l’émetteur d’Argenteuil est miné pour être détruit, mais les officiers du Génie s’enfuient avant de le faire sauter. Quelques semaines plus tard, il va faire partie du réseau de l’Office d’information de l’armée allemande en campagne.

A Orgemont, nous écoutions Radio Londres au sous-sol de notre pavillon pendant toutes ces dures années. Hélas, pendant les combats de la Libération, trois résistants seront abattus au pied de cet émetteur au départ des soldats allemands. Soldats qui dynamitèrent, à 6h du matin, ce 25 août 1944 l’antenne (une poutrelle à treillis de 3m de côté faite pour résister à un vent de 200 kg par m2), qui nous avait apporté tant d’informations et de distractions avant guerre. C’était la fin d’une époque et de Radio Cité. Aujourd’hui, la télévision le dispute à la radio dans mes choix, mais c’est toujours avec nostalgie que je feuillette le bulletin programme de Radio Cité... que j’ai précieusement conservé."


Solange Le Lièvre est née à Argenteuil en 1921. Son père ancien de la Marine en 1914-1918 était devenu ajusteur chez Bendix à Gennevilliers et sa mère couturière. Sa famille a longtemps habité sur les hauteurs d’Orgemont. Secrétaire de direction, aujourd’hui à la retraite, cette Argenteuillaise reste très active, notamment auprès des anciens de La Maison du Lac à Enghien.

23.06.2008

Encore absent pour quelques jours.

Pour celles et ceux qui s'en souviennent, je vous ai dit que nous étions allés saluer un oncle qui déclinait chez sa fille avant de rejoindre le terrier début juin.

Toute sa tête, malgré sa fatigue, et nous avions ensemble échangé sans nous presser l'essentiel qui peut l'être lorsqu'on sait de part et d'autre que c'est la dernière visite.

Hier, il est allé paisiblement rejoindre sa femme.

Nous nous retrouverons en famille dès demain pour quelques jours, en Haute Marne.

Comme il y a temps pour tout, les jeunes mariés Thaïlandais attendront quelques jours avant de revenir en scène.

22.06.2008

04 De la soie pour tout le monde.

En ce premier jour en terre Thaï, douchés, mais pas frais, il est urgent de choisir l’étoffe des costumes. Le mariage est une affaire importante et la famille a opté pour un mariage traditionnel. Nous ne savons pas trop de quoi il retourne, nous l’expliquer en détail serait compliqué pour nos hôtes. Nous le découvrirons au fur et à mesure de sa préparation et même de son déroulement.

Je vous propose que vous en fassiez autant. Alors, direction la soierie ! Il nous faut des tenues en soie, et le choix des couleurs, me dit-on est important. Les parents nous attendaient pour choisir, eux aussi, leur costume. A voir l’entrée de l’usine-magasin, ce n’est pas un petit commerce de rien du tout.






La maman nous fait d’abord visiter l’entrepôt où sont travaillés les cocons. Tous les ballots en sont remplis.





Sur un tapis roulant, deux femmes trient les cocons. Ceux-ci ont été teints en jaune, la couleur la plus demandée.




Je n’arrive pas à voir les défauts de ceux rejetés : ils me paraissent aussi jolis que les autres. On m’explique que la chrysalide a cherché à éclore et affaibli la soie. Ils ont été ébouillanté trop tard, mais livrés quand même. J’aurai aimé savoir sur quelles bases se négocie le contrat d’achat. Mais cela n’intéresse personne. Pour me faire plaisir, une des dames extrait la chrysalide inerte d'un cocon et la pose sur le rebord métallique bleu.



Un gros plan sur des cocons bons pour le dévidage.



Curieusement, il n’y a personne devant ces machines qui fabriquent les écheveaux.




Une ouvrière surveille le bon déroulement du transfert entre les navettes et les bobines. Sur le bas, une installation électrique rajoutée, tenu par du fil de fer. Un coupe-circuit de sécurité ? Nous n’irons pas voir les métiers à tisser, dans un autre hangar.




Il est temps de passer dans le magasin Des rangées de costumes colorés en libre service.

Et encore d’autres. Mais du sur-mesure serait mieux.





Oui, on peut acheter son tissu et aller le faire couper ailleurs. Des coupons de soie remplissent l’espace le long des murs, bibliothèque du savoir faire de la maison.





Vingt, trente peut être sont extirpés, étalés, soupesés tandis que les conversations se poursuivent en Thaïlandais. Voila deux bonnes heures que nous sommes là, et rien n’a été mis de côté. La maman se lève et notre fils nous annonce que nous partons. Sans rien avoir acheté ! Nous irons voir ailleurs demain. J’ose demander la raison. Il n’y a pas assez de choix, me dit on. Je comprends qu’il ne convient pas de poser de questions génantes et que je viens de recevoir une réponse polie.





C’est l’heure du repas du soir. Nous irons au centre commercial, le dernier qui vient d’ouvrir à Khorat qui en compte 7 importants. Je vous ferai voir le rayon nourriture une autre fois, car ce soir, je n’ai pas osé mitrailler de partout. Nous mangerons à côté de cette cascade, dans l’air frais glacé climatisé. Il faudra s’habituer, et ce ne sera pas simple, à ces incessants passages entre une touffeur chaude, moite à 35° et une voiture ou un magasin frigidaire.
Par chance, nous n’aurons ni rhumes, ni bronchites ou angines.







Dans le magasin, je ne résiste pas à cette présentation de sous vêtements féminins. Et vous pouvez demander la petite culotte jaune du milieu et défaire cet assemblage qui sera refait après votre achat !!





Pour satisfaire les fétichistes éventuels, le rayon des sous-tifs. Ma moitié fera toujours la moue devant ces modèles caparaçonnés avec renforcements.




Nous rentrons à la maison, dans la banlieue de Khorat, à plusieurs kilomètres. Changement de paysage, verdures et petits champs se piquent de maisons.




Un petit kiosque dans un coin invite aux bavardages, mais, même s’il est adorable, nous ne tenons plus debout. Au lit, les vieux !!




La maison est égayée par ces statuettes amusantes. Oui, c’est une fabrication locale. On nous y conduira avant notre départ. Promis.
Bonne nuit, pour le moment. Je me force à ne pas demander ce que nous ferons demain.




Je n’en sais rien, et vous n'en saurez pas plus !

21.06.2008

03 Vers Khorat

Retrouvailles tendres entre notre fils et sa chérie. Les parents ferment un peu les yeux ! Le papa de la jeune femme est venu nous accueillir. Il a loué un mini bus avec chauffeur, nous ne sommes que 5, mais la première rencontre ne peut se faire décemment avec lui au volant.

Quasiment en cercle dans ce Toyota, nous faisons connaissance. Lentement, dans les conventions tout d'abord. Puis le fait que nous connaissions son pays, que nous ayons voyagé, que nous venions plusieurs jours avant le rassure. Il est à la retraite, comme nous. La ville où il habite, Nakhon Ratchasima est à 4 heures de route à l'est. Ici, on ne parle pas en kilomètre, mais en temps approximatif. D'ailleurs cette ville s'appelle pour les Thaï Khorat, un diminutif, tout comme Bangkok se prononce et s'écrit Krountep !
L'autouroute est à six voies. On roule à gauche, mais avec beaucoup de liberté sur la vitesse. De 50 à 180 km/h seon le véhicule. On zigzage avec souplesse.





Les panneaux publicitaires sont gigantesques. Des immeubles de fer et de couleurs. Impossible de les ignorer.




Les camions rivalisent de chromes et de peinture. J'aurai l'occasion de les approcher de plus près. Mais celui ci est une vitrine ambulance pour un fabricant de phares. Je frémis à l'idée de le croiser de nuit. Eblouissement garanti !!



Plus sobre, une pagode est en construction. Je vous ai dit que le bouddisme est vivant. Le ou les donateurs qui financent ce Bouddha vont acquérir des mérites dans cette vie, leur permettrant de renaïtre plus haut sur la roue de l'existence. Le chauffeur klaxonne en signe de respect.




Sur les bas-côtés, des échoppes, des petits commerces attendent les clients. Papa et sa fille se sont levés tôt pour venir. Une fois sortis de la banlieue, la halte se prépare. Le mini bus ralentit, les passagers scrutent les devantures.




C'est ici que l'arrêt a eu lieu. Boissons à commander. Il fait lourd, chaud, humide. Nous sommes au début de la saison des pluies. Elle ne sera pas du matin, les nuages bourgeonnent et nous étouffons. Au diable les résolutions sur les boissons sans glaces ! Ce sera un café glacé pour chacun. Moka ? Expresso ? Cappucino ? Va pour expresso. C'est délicieux, avec un soupçon de lait condensé et une grand verre rempli de glace pilée.



Au restaurant, nos hôtes commandent. Soupe ou riz sauté ? Va pour le riz, sans piment pour Christiane.
Je me risque comme le papa. J'essaie de faire l'inventaire de ce que je mange, c'est une soupe avec des légumes, de la citronelle, du gingembre, des légumes, du pâtes, des saucisses sans goût, et ???? .




Et le pain ? Non, il n'y a pas de pain ! il n'y en aura pas de tout le séjour. Autant faire avec. Ces petits beignets sucrés de farine de riz, cuits à l'huile, nous accompagneront au long du voyage.




Ils sont omni présents dans tous les marchés. Nous préfèrerons ceux cuits sur une plaque bosselée, genre pâte à crèpes, à base de riz, 30 secondes de cuisson, puis un tour sur l'autre face. Ils sont moins gras.





Non, les brochettes de seiches ne me tentent pas en milieu de matinée. 10 bat l'une et 3 pour 20 bat, soit 40 centimes d'euros. Un euro ce matin s'échange à près de 50 bats,la devise du pays.




Le rayon des fruits est plus appétissant. Les oursins rouges sont des ramboutans, fruits à la chair blanche un peu acidulée, rafraichissants. A côté, les chataignes brunes sont les reines des fruits, mangoustans suaves comme des sorbets, délicats et parfumés. Un régal. Je ne veux pas vous faire saliver inutilement. Plus tard, peut-être.



Comme pour tous les gamins du monde, les stands de bonbons sont colorés, plein de gommes et de trucs en tout genre. 35 baths un paquet et 3 pour 100 bath, soit deux euros. Oui, mais , ici, le prix affiché est indicatif. On peut toujours discuter. Qui n'a pas aimé les Carambar ?? Mais ici, difficile de savoir le goût à l'avance !



Le papa est fier de nous montrer qu'en Thaïlande aussi, on cultive la vigne et on fait du vin. Non, lui ne boit pas d'alcool. Le sachant, nous n'en avons pas apporté. Mais que faut-il amener de France à des gens que vous ne connaissez pas ? Les chocolats fondent. Certes un Chanel sera apprécié par Madame, mais Monsieur ?
Nous avons amené des fruits inconnus chez eux: noisettes, noix , pinins, amandes. Et une bricole.



Pour apprendre à lire l'écriture, les panneaux routiers sont irremplaçables.




Mais vous avez pêut-être remarqué qu'il n'y avait aucune bretelle, aucun pont, aucun de ces trèfles autoroutiers qui permettent de traverser le ruban de béton. Comme on roule à gauche, les sorties sont à gauche, ce qui signifierait que, sans pont, les voitures restent toujours du même côté de l'autoroute.
Mais les Thaï ont inventé le demi tour sur l'autoroute !!! Oui, vous avez bien lu : le demi-tour sur l'autoroute !

Voila un panneau de U turn ! Demi tour ! Voila la recette du demi tour à la Thaïlandaise : le terre plein central s'élargit à ce panneau, une quatrième voie se crée, à côté de la plus rapide. Celui qui veut tourner s'y engage, arrive jusqu'à l'emplacement où un espace est ouvert dans la barrière de sécurité. A côté de lui, les voitures passent à toute allure. Devant lui, les trois voies en sens inverse. Alors, le chauffeur atteint le trou sans véhicule et s'engage pour son demi tour.




Voila l'exemple. Je suis à gauche, le chauffeur sur le siège de droite ( inversé par rapport à nous) et en face, les voitures arrivent alors que nous tournons. Je vous avoue que cela fait un drôle d'effet la première fois. Ensuite, on s'habitue. Je n'ai pas vu d'accident pendant les 18 jours de notre séjour.




Puisn quittant l'autoroute à la sortie suivant, nous avons rejoint la rue où habitent les parents de notre tourterelle.



La maman nous attend. Il est bientôt midi heure locale, 6 heures du matin chez nous. Le chauffeur a bien roulé. Voila 24 heures que nous sommes en voyage et la journée n'est pas finie.
Si je vous disai que la douche est bienvenue avant de repartir, me croyiez-vous ?

Mais ça, c'est tout de même pas montrable !!!!

A demain pour la suite, avec son lot de surprise pour nous.

Saint Jean chez Saint Pierre

Quelle idée de photographier un paysage avec un câble juste au milieu du cliché quand il n’y a pas un nuage dans le ciel.
Et ce titre ? Que veut-il dire ?

Patience, bien que les plus futées ( je mets au féminin pour ne pas avoir d’ennui) ont du trouver tout de suite !





Tiens, des anneaux de hou la houp ! Tout cela sent la fête. Hier soir, dans le pré d’un vilage voisin, les enfants de l’école communale se sont retrouvés. L’école est commune à trois villages.




Ici, les petits de Crillon le Brave. On a supprimé « le Brave » , sur le calicot, pour les mettre à égalité avec les copains. Pourquoi eux y sont « braves » et pas nous ?





Ici, les minots de Modène. Modène tout court, le village du bas, les modestes sans particules.




Enfin, les jeunes de Saint Pierre de Vassols, qui ont abandonné leurs titres de noblesse en ce soir d’été. C’est moins lourd à porter, comme banderole.




Puis, les trois groupes prennent place pour un tour d’honneur autour du pré.




Le premier Crillonais, flambeau à la main, fera le tour du pré et le transmettra ( le flambeau, pas le pré) à une fille de Modène.




Puis un Vassolien terminera le parcours de la flamme qui en vaut bien une autre.






Enfin, nuée de moineaux enfin lâchés libre, les gamins s’élanceront à leur gré dans une ronde improvisée, le porteur du flambeau en tête.





Prosaïquement, un bidon est accroché à cette fenêtre. Non, nos communes n’ont pas les moyens de construire un stade de 80.000 places, une tour de lancement depuis le sommet de l’Himalaya, de déplacer des milliers de gens pour tracer des autoroutes. Mais nous nous amusons au moins aussi bien, si ce n’est mieux.



Une échelle, un peu de paraffine dans un bidon, une poulie et une manille, et voila une rampe de lancement économique



Et réussie !! Le tas bien sec crépite, les pétards explosent, St Jean fait un feu d’enfer dans un ciel heureusement sans vent.





Le pompier de service, lance d’incendie réglementaire à la main, veille en arrosant au dessus du brasier qu’aucune braise aérienne ne propage la flamme.






Tout crépite, craque, bouge. Le feu mange vite, très vite



Comme les gamins, je suis attiré par la danse du jaune, le ballet du rouge et du noir, composition fascinante, changeante.




Sur la gauche de l’image, un visage noir à moitié dévoré ouvre encore un œil. Juste au dessus deux bouts calcinés dessinent les cornes d’un profil inquiétant. Le feu de l’enfer chez St Pierre.




Puis, comme l’enfer n’est plus alimenté, il se calme. Les hommes sauront-ils en faire autant ?
Les enfants, eux, sont quelque part en Asie.




Le temps d’une chanson, et ils pourront aller manger, boire et jouer. Jouer avec trois fois rien, en plein air.





Le pompier de service a rempli de braises les trois tonneaux du barbecue. Chacun fait griller saucisses, brochettes et côtelettes à son goût, tout en discutant avec son voisin.



Pour les végétariens, crêpes, frites, gâteaux. Et pour tous, le rosé bien frais de la cave du pays.



Peu de tables, pour que les villageois aillent de groupes en groupe, que les conversations se mélangent, que les nouveaux arrivants de l’année s’intègrent. L’herbe est là pour ceux qui veulent s’asseoir.
Et dans la paix du soir, un quartet de cordes nous sert des musiques façon Django Reinhardt. La nuit est là, douce et tiède, sur un petit village de Provence où il fait encore bon vivre tout en étant modeste





Ce soir, les mêmes se retrouveront, mais à Crillon le Brave, pour la fête de la musique.

Mais avant, vous irez bien faire un petit tour en Thaïlande, n'est ce pas ? Je vous souhaite un bel été !

20.06.2008

02 Atterrissage

medium_DSCN5434.JPG
Au mois de février, notre fils venait nous présenter celle avec qui il souhaitait refonder un couple après un premier mariage.
Le froid et la neige au sommet du Ventoux n'ayant pas refroidi les ardeurs, il fût convenu qu'un premier mariage civil aurait lieu en France, puis la cérémonie religieuse et traditionnelle fin mai en Thaïlande. Nous serions présents aux deux, bien entendu.
Je vous épargne la mairie d'une banlieue parisienne pour vous emmener directement à Roissy !

Embarquement sur la Thaï, bien moins chère qu'Air France pour les dates choisies. L'ancien aéroport Don Muang, au nord, ne sert maintenant que pour les vols intérieurs. C'est notre premier contact avec Souwanapoum, flambant neuf, inauguré il y a moins de deux ans. Il est immense, richement décoré, pour faire oublier les interminables tapis roulants.






Certains sont perplexes devant tant de modernité ! A moins qu'ils se soient trompés de vol !





Non, le métro n'arrive pas jusqu'à l'aéroport. Il est à 30 km du centre ville.





Des images inspirées du classique Ramayana.




Comme vous passez vite, vous avez une excuse pour ne pas en comprendre le sens.





Et toujours des trottoirs roulants. Au moins deux kilomètres. Attention, ici, on roule à gauche, même sur les tapis.





Au bout, un gardien vous protège des mauvais esprits juste avant de passer les contrôles. Une sage mesure.





On devrait en mettre un à Roissy où j'ai du abandonner un tube de dentifrice de 125 ml à moitié vide, sous pretexte que le volume maximum autorisé est maintenant de 100 ml. Pour un dounier, la moitié de 125 est encore supérieure à 100. Fernand Reynaud n'avait pas tort !


podcast


Rendu en salle des bagages, vous avez le temps d'inspecter les murs:

















Pour ceux qui ne comprenent pas l'anglais, en Thaï, vous lisez Rap Krapaou ou Rencontre Bagages.




Il est temps de se remémorer la formule de politesse: Sawatdee Krap ! Je vous l'écris en langue du pays:
สวัสดีครับ Attention, les femmes disent Kaa à la place de Krap ! Ne vous trompez pas, même si vous voyagez avec un écossais.

L'interrogation écrite est prévue en fin de reportage. Soyez vigilants même s'il n'y a pas de voiture à gagner à la mi temps ! Premier exercice : que veut dire le mot ci-dessous ? Un cadeau au premier qui déchiffre !

คริสซีออง

Demain, si Inernet veut bien, nous sortons de l'aéroport !!!

19.06.2008

01 Un premier voyage

Aujourd'hui, privé d'Internet jusqu'à la fin de la journée, je n'ai pu faire ce que je souhaitais, ni aller vous voir.

Le dernier voyage en Thaïlande n'est pas le premier et c'est avec émotion que nous avons atterri récemment à Bangkok, mon épouse, notre fils Michel et moi.
Déjà, ce pays nous avait réservé l'une des rencontres qui compte dans la vie d'une famille.

Ce se passait en octobre 1979. Nous avions accueilli à la maison l'année d'avant deux jeunes laotiens d'une douzaine d'années, réfugiés politiques en France. Le papa de l'un était encore dans un camp de réfugiés à Nonkaï, de l'autre côté de la frontière Laotienne, mais côté Thaï et la maman, gravement malade, devait décéder six mois plus tard à Paris. Le père du second, Michel aujourd'hui, était décédé au combat et la maman prisonnière des Vietcongs au Laos.

L'entreprise où je travaillais voulait s'implanter dans ce pays et la construction d'un grand barrage dans l'ouest du pays me donna l'occasion de participer à l'appel d'offres. Une fois le travail terminé, nous primes, mon épouse et moi, quelques jours de vacances pour aller rencontrer les parents de l'un des jeunes garçons.

Sans parler la langue, sans autorisations officielles, avec une photo du père, nous nous sommes présentés à l'entrée du camp de Nonkaï, qui comptait près de 30.000 personnes. Notre prononciation de son nom ne devait pas être la bonne, mais, de palabres en discussions, une personne finalement le reconnut et alla le chercher.

Il faisait partie du comité d'organisation du camp, parlait un peu le français qu'il avait appris à l'école de guerre à Paris. Gradé dans l'armée laotienne, il ne souhaitait pas s'éloigner de son pays. Il nous expliqua que maintenir l'ordre, répartir la nourriture pour tout ce monde, trouver des activités à des milliers de jeunes enfermés dans un espace réduit, organiser la vie courante d'une ville de tentes et de branches demandait une organisation quasi militaire.

Nous sommes restés seulement quelques heures avec lui. Il n'était pas question de passer la nuit au camp.
Il nous a présenté les familles qui avaient des parents ou enfants en France. Chacune a tenu à nous transmettre une lettre, une photo. Et en partant, sachant qu'il ne reverrai jamais son fils, il nous l'a confié en nous serrant les mains.
Ce sont des moments qui marquent, je vous prie de le croire.

C'est ainsi que nous avons intégré une famille laotienne, qui compte une nombreuse parenté, avec qui, tant en France qu'au pays, nous gardons d'étroits contacts.

Personne n'a eu de nouvelles du papa depuis. Le camp de Nonkaï a cessé d'exister depuis longtemps et il aurait 85 ans aujourd'hui. Je l'ai recherché en 1982, puis 1988, à l'occasion d'autres voyages professionnels. Toutes les suppositions sont permises, depuis une retraite coupée du monde dans un monastère à la mort de sa femme, jusqu'à un décès dans une action de guérilla.

Il était dit que nous aurions d'autres aventures en ce pays. C'est ce qui vient de se passer au mois de mai dernier, près de 30 ans après notre premier voyage.


On ne peut pas comprendre la Thaïlande si on n’intègre pas le rôle du roi.

Nos ancêtres étaient les Siamois et leur pays le Siam. Ils ont lutté contre les Kmers, contre les Birmans, contre les Laos. Le grand roi Ramkamhaeng a fondé la première capitale de notre pays à Sukkothaï. Depuis, nous n’avons jamais été envahis.

Voila ce qu’apprennent les petits écoliers en classe d’histoire. Le début de leur pays remonte pour eux à environ 700 ans.

En 1782, le premier souverain de la dynastie actuelle monta sur le trône.
Le roi actuel, sa majesté Bhumibol Adulyadej, est le souverain actuel ayant régné le plus longtemps avec plus de 61 ans.
Le voici en 2498 en visite dans le nord du pays. Il a 28 ans. Oui, c'est bien la bonne date ! La Thaïlande commence son calendrier en 543 avant J.C., année où, selon les historiens, Bouddha parvint au nirvana.





medium_roi.jpg Il vient d'avoir 80 ans et son anniversaire a donné lieu a des réjouissances dans tout le pays et chaque Thaï porte aujourd’hui au poignet un bracelet jaune, (couleur royale) en signe d’allégeance.

Comme son lointain ancêtre, il prononce les paroles suivantes lors de son couronnement. « Nous régnerons avec justice pour le bénéfice et le bonheur du peuple de Siam »


Intelligent, remarquablement cultivé, parlant plusieurs langues, curieux de tout, il est animé, à l'égal de ses prédécesseurs, d'un grand sens de sa mission et de l'histoire. Ses voyages incessants dans les provinces et villages les plus reculés du pays, le patronage des projets royaux de développement, son intense activité caritative font de lui un monarque immensément populaire et aimé.
Il est pour chaque Thaï l'incarnation exemplaire de ce que signifie être un roi thaï, jouit d’une estime non feinte. Il est parvenu à incarner le rayonnement du bouddhisme, la pérennité de la culture thaïe, un ordre social équilibré et la grandeur multiséculaire du Siam. Nombreux seront ceux qui le révèrent aujourd’hui les mains jointes comme devant une représentation du Bouddha.

Je sais, ce n'est pas la note que vous attendiez, mais en Asie, il faut savoir oublier sa montre, son impatience et parfois jusqu'à la notion de programme et de planning.

Mais si vous avez retenu que ce pays n'a jamais été colonisé, que le roi est le ciment de l'unité, que l'écrasante majorité est bouddhiste, vous avez trois clefs pour ouvrir le coeur des Thaïs. Et c'est plus qu'il n'en faut !

A demain !

18.06.2008

Le jardin il y a deux jours

Vous savez que l'appareil photo n'est jamais loin de ma main. Après avoir poussé le portail et déchargé la voiture, nous avons pris ensemble quelques clichés.

Oui, j'ai maintenant deux piscines : deux dans une: la supérieure, remplie d'eau du ciel tombée depuis notre départ, où s'ébattent larves de moustique et de nèpe et une cachée, sous la bache, remplie d'eau de source, que j'espère sans algues.

L'eau de l'une est douce, celle de l'autre calcaire et plus dure. Quelle richesse ! Je garde les deux, en prévision de quelques jours avec mistral pour arroser si besoin est.





Les herbes qui ne sont pas folles ont bien aménagé le devant de notre porte en une pelousse hérissée que j'aime bien. Je n'aurais pas pu semer plus régulier. Comme elles ont pris la peine de monter en graines, je les laisse continuer à nourrir les fourmis et oiseaux. Le soleil se chargera de les tondre en juillet.




Ici, entre deux oliviers, c'est un peu le fouillis. Aphyllantes et tétragones y sont à l'aise. Mais notre chien aime cet endroit frais et s'y couche en tournant. Il va y retourner bientôt.



Sur le bord du bancaou, les immortelles jaunes pailles sont légion. Avec la folle avoine, Christiane va faire sécher des bouquets pour l'hiver. L'un deux prendra place dans une hotte en paille toute simple, dans l'entrée, et les autres chez nos filles.










Certes, les cistes, iris et romarins ont fini leur floraison, et ce sont les lauriers qui les remplacent. Jamais les couleurs n'ont été aussi vives que cette année.




La lavande est haute, elle concurrence l'avoine. Il lui reste à s'épaissir et à former des épis. L'été va venir, le mistral va l'aider bientôt.




Notre pêcher, par contre, n'a pas apprécié les colonies de pucerons blancs qui ont élu domicile. Petits, minuscules, malingres, ils sont dédaignés par les coccinelles qui leur préfèrent les gras suceurs verts ou roses des rosiers. De plus, la maladie endémique de la "Cloque" n'a pas été bien traitée en hiver et cet arbre est à la peine. Je dois au moins l'asperger sans délai contre les pucerons avec du purin d'ortie. C'est radical, et parfaitement bio.




Regardez les feuilles enroulées : une misère !




Les quelques 8 plants de vigne s'en sont donnés à coeur joie pour prospérer. Mais si le raisin doit mûrir, il me faut "moucher" les rameaux excédentaires pour permettre au soleil de pénétrer. Rien ne presse, le soleil est encore bien timide aujourd'hui.




Il y a 8 ans, notre abricotier, un magnifique arbre mourrait en quelques jours. Heureusement, nos enfants avaient jeté leurs noyaux un peu partout dans le jardin et non dans la poubelle comme demandé. Un jour, à côté d'un robuste pin, un de ces noyaux a germé, échappant au bêchage du jardin.
L'an dernier, nous avions partagé la récolte avec des fourmis. Cette année, instruit par leur savoir faire, nous ne leur laissons qu'une faible part, proportionnelle à leur taille et non à leur nombre. De plus, c'est le seul abricotier du coin à ne pas avoir vu ses fleurs geler cet hiver.
Protégé par la masse du pin, il y faisait un peu moins froid que dans les champs labourés et démunis de tout abri.
Les fruits sont murs juste pour notre retour. Si vous passez par là, n'hésitez pas à marauder !


Toutes les notes