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31.08.2008
47 Temples en liberté
Je vous ai promis de ne pas recommencer en vous infligeant une note aussi criarde que celle du temple de Su Thon il y a deux jours.
Chiang Maï compte quelques 300 temples. Nous nous sommes contentés d’une dizaine.
Vous aurez de cette journée quelques photos pour ne pas vous saturer. Statues et stupas deviennent vite lassant sortis de leur contexte.
Détruit par un tremblement de terre, il est toujours honoré, et interdit d’accès.
Des barrières jaunes interdisent la circulation, mais les cloches sont en dehors du périmètre et vous pouvez les faire sonner avec votre offrande pour que les dieux l’entendent.
Dans cet autre, une table gargantuesque a été dressée pour recevoir les bols à aumône des moines qui prendront part à la célébration de la cérémonie de demain.
Deux d’entre eux, dans le calme d’un coin dépouillé de tout ornement.
De celui-ci, j’ai retenu les textes imagés accrochés aux poutres du toit, sous les tuiles.
L’histoire pieuse en banderoles flottait mollement au dessus de nos têtes.
Face au moine qui offre souvenirs et cartes postales, où l’on met ce qui vous plait dans le tronc, ce pèlerin venu s’entretenir avec lui m’a fait penser à un pope russe.
Au coin d’une maison, un autel chargé d’écharpes multicolores. Remerciements ou demandes ?
Puis nous avons quitté la ville pour nous glisser dans quartiers éloignés, suivant des chemins tortueux, sans but réel. Ce stupa est chez un particulier, il n’y a pas de clôture.
Quand nous nous sommes arrêtés, nous avons vu arriver peu après le propriétaire du cheval, sur son vélo. Averti par radio tam tam, il avait peur que nous soyons des voleurs de bétail. Il nous a salués en partant, mais il est resté après nous.
Nous sommes encore chez un particulier. Dans ce pays où l’herbe pousse comme les cèpes en Forez, l’entretien est remarquable.
Ce bouddha solitaire à la triple couronne des trois mondes reçoit encens et bougies des gens du quartier.
Sa réplique jumelle, à la droite du stupa de briques érodé par les pluies, a été volé, enlevé. L’emplacement est encore vénéré comme s’il était présent.
Revenu sur des routes plus fréquentées, nous terminons par cette pyramide aux moines, ceinturée d’or aux dernières lueurs du jour.
Le chauffeur, papa d’une petite fille née la veille du mariage, les mariés et nous adressons un e dernière prière. Puis le gong retentira 5 fois pour nous porter chance.
Les oiseaux magiques veilleront toute la nuit contre les mauvais esprits.
Ces quatre palmiers sur notre sommeil.
09:29 Publié dans Voyage en Thaïlande | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.08.2008
46 Chiang Maï : instantanés désordonnés
Dans deux ans, ceci deviendra une autoroute de plus reliant Bangkok au nord.
La région de Chiang Maï n’a été réunie à la Thaïlande qu’en 1939. Auparavant, c’était le royaume du « Million de Champs de riz » Chaque année, le roi reçoit encore aujourd’hui l’hommage du gouverneur de cette province. Envahie par les Birmans tout proches pendant plusieurs siècles, territoire de nombreuses ethnies dans ses montagnes, c’est une région bien différente où nous nous rendons. Nous l’avons visitée il y a une trentaine d’années, et l’afflux touristique d’aujourd’hui ne nous fera pas retourner sur les lieux les plus courus.
Nous arrivons à Chiang Maï assez tard et après avoir déposé les bagages en chambre d’hôtes, nous allons directement au parking en centre ville. Stationner dans la rue est illusoire.
Un centre commercial jouxte ce parking, avec une galerie de restaurants.
Oui, oui, vous êtes bien devant les restaurants. Des danseuses vont parmi les tables, puis se dirigent vers un podium.
Impeccablement maquillées, ces jeunes femmes répètent les danses traditionnelles.
Essayez de placer vos doigts comme celle-ci.
Ces danseurs vont faire tourner leur bambou, animant les cordons dans une série de figures. Non, ce n’est pas une canne à pêche miracle pour silure de 1, 70 de long. Derrière eux, une des enseignes des restaurants. Le principe est simple : vous achetez des tickets comme des billets de monopoly, et vous payez avec cette monnaie de singe tous les plats à emporter dans chacune des échoppes. Commandant un poisson chez l’un, le riz chez l’autre et les légumes ou la viande chez un troisième. Les plats sont en vitrine, oui, mais en Thaï.
Juste à côté, vous pouvez vous faire masser les arpions à l’air libre pour 3 euros de l’heure. Demandez le massage "doux" si vous voulez tenir la demi heure. Le "normal" vous fera grimper, pas aux rideaux, mais sauter au plafond.
Puis, les filles n’ont pas résisté à l’attrait du shopping. Je passe sur les stations debout, dans la cohue, à soupeser un tissu, inspecter une couture ou essayer un chiffon. Ici, c’est le bichon qui était adorable, chez cette vendeuse de sacs. A-t-on jamais fabriqué un sac qui convienne à une dame ? La question pourrait être posée aux candidats du bac philo, tant la question est métaphysique.
En sous sol, dans la chaleur moite des ventilateurs, une galerie de miniaturistes à l’envers. Ils sont plus de trente, reproduisant à grande échelle un minuscule fragment que leur a confié un client.
Regardez, je me suis penché sur l’épaule de trois d’entre eux.
Le lendemain, shopping encore. A ce rythme, il est sage de prendre un billet d’une des nombreuses loteries. Suivant votre signe du zodiaque, votre numéro favori, cet homme vous assurera que c’est le gagnant !!
Des broderies Hmong, comme celles trouvées au col, mais vendues deux fois plus chères par un chinois. Ce sont eux qui tiennent les petits commerces ici.
A même le trottoir, des sacs de boules irrégulières de toutes couleurs. De quoi peut il s’agir ? Pas de perles, ni de bonbons. Je penche pour des teintures pour cotonnades des robes vues tout à l’heure.
La boutique renferme des trésors de boutons, coquillages, chainettes, rubans.
Colliers et perles de verre made in China. Une de nos petites filles resterait des heures à bâder les yeux écarquillés, en s’inventant des tenues avec paillettes et strass.
A l’écart des magasins, devant un atelier, des animaux en papier découpé flottent à l’air au bout de tiges de bambous.
Un jeune homme leur a donné naissance, et il est maintenant en train de créer des bouquets.
C’est frais et charmant. Nous lions conversation, et bientôt, Botan se retrouve accroupie, un paquet de lamelles multicolores dans les mains,
apprenant la technique de l’épi de riz comme dans le bouquet exposé.
Le margouillat a pris des couleurs au passage.
Le papillon est tout simple à réussir, nous dit-il. Nous l'avons crû sur parole et sommes repartis avec une poignée de lamelles de bambou qui, aujourd'hui, dorment dans un tiroir avec plusieurs essais lamentables. Il nous faudra retourner prendre la deuxième leçon.
Au cours de nos promenades, nous avions remarqué de grands arbres couverts de fruits semblables à des letchis. Mais pas du tout colorés rouges. Il y en a plus que mirabelles sur prunier.
Nous avons demandé : oui, c’est comestible, mais il n’y a rien à manger. Cette marchande pointe du doigt une grappe fraiche
L’écorce enlevée révèle cinq lobes ivoire, tel une mandarine albinos.
Chacun a la peau assez épaisse et contient un gros noyau auquel adhère fortement le peu de chair, au goût aigrelet comme une groseille blanche. Comme les dattes, c’est en suçant le noyau qu’on se désaltère avec ces fruits.
Mais il restait au fond d’un cageot des mangoustans. Ca, vous connaissez
C’est autre chose, et si vous avez l’occasion d’en manger des murs, n’hésitez pas à découvrir cette saveur. Les amoureux des poires Williams seront comblés.
Qu’avons-nous fait d’autre à Chiang Maï ? Une visite aux sources bouillantes où l’attraction est d’acheter un panier d’œuf et de les faire cuire en 3 minutes sans y laisser la main. Et surtout un merveilleux parc botanique, qui fera la clôture du voyage. Encore des temples et du shopping. Et une matinée de repos, car voila trois semaines que nous faisons et défaisons les valises.
Aussi, je vous emmène sur le chemin du retour, nous allons au villages des jolies filles, là où se font des ombrelles
10:25 Publié dans Voyage en Thaïlande | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
29.08.2008
45 Plus kitch tu meurs ou le temple de Su Thon
Quittant Uttaradit en direction de Lampang, sur la nationale 11, tout à coup, nous sommes nez à nez avec, sur notre gauche, un énorme bouddha couché jaune d’or. Rien, absolument rien , n’annonçait ce temple.
Pour vous relaxer pendant la visite, une musique dispensée pendant les massages Ayurveda, ceux , vous savez, où vous finnissez huilé(e) comme une sardine dans sa boîte.
Nous nous garons aux pieds de ce géant, sur une vaste esplanade. Pour vous donner une échelle, la jarre rouge doit contenir une vingtaine de litres.
A l’entrée, un groupe de 7 nains tient la traine, non, pas de Blanche Neige, mais d’un cobra naga à trois têtes.
Puis nous passons devant les gardiens, aux couleurs aussi vives qu’il est possible d’en peindre. Jusqu’à maintenant, nous n’avions pas vu de temples aussi colorés.
Il faut aimer, et les Thaïlandais adorent ! Si vous invitez une personne de ce pays, n’hésitez pas à surprendre !
Un peu de musique traditionnelle pour vous surprendre tout à fait.
Thai_Music_-_Muay_Thai_Music-Wai_Khru_Ram_Muay_.mp3
C’est un temple tout neuf, œuvre d’un moine encore vivant, qui a lancé une souscription, estimant que rien de beau n’honorait Bouddha dans cette région. Il a reçu des dons et s’est mis à la tache. Des enfants viennent y apprendre la religion, comme cette école en uniforme jaune.
Ces maisons longues aux toits pentues ressemblent aux longues huttes des ethnies Hmongs de la montagne proche. J’ignore ce que représentent les animaux blancs retenant un homme dans leurs pattes.
Comme l’a enseigné l’Eveillé, les animaux sont faits pour vivre en paix. Ici une biche et un tigre ont noué des liens surprenants..
Et, au détour d’un bâtiment, ces éléphants m’ont fait sursauter, tellement ils semblent réels. D’autant plus qu’ici, il n’est pas rare d’en voir travailler dans les forêts.
La salle de cours a été désertée.
Ces tambours ne sortent qu’au cours des grandes fêtes.
Devant vous, des stupas dorés, peints de frais, regorgeant de détails. Je vous promets, il n’y aura pas d’autre exemple aussi chargé que celui-ci !!
Les bouddha de cette allée sont encore emballés dans leur protection. Ils viennent d’être livrés au temple.
Au centre de l’esplanade, des serpents cornus
Sur ces dalles lisses, des bonzaïs essaient sans succès d’apporter une touche verte et vivante. L’ensemble, pour nous, n’incite pas au recueillement. Ce n’est pas notre éducation artistique, plus émue par le dépouillement d’une chapelle romane ou d’une abbaye cistercienne.
Comme dans tous les temples, sonner les cloches équivaut à lancer une prière.
Dans l’empreinte des pieds de Bouddha, les fidèles déposent des pièces de quelques bahts.
Une sculpture du moine fondateur du temple, vénéré comme un saint, avec ses petites feuilles d’or. Le piédestal est tout de même muni d’une fente pour récolter les billets.
Dans des coins, des brouettes comme celle-ci avec du mortier témoignent que l’édifice est toujours en travaux.
Ici, piliers en béton, remplissage en brique, sont recouverts de mortiers, puis de peinture. Plutôt que restaurer l’ancien, le mode de pensée est plutôt de créer des nouveaux centres, pour s’attirer des mérites dans cette vie. Restaurer est beaucoup moins valorisant pour un fidèle. Seul l’Etat peut le faire !
En partant, dans une vasque, une fleur de lotus a lavé avec cette harmonie l’impression oppressante de toute cette débauche de couleurs agressives.
10:05 Publié dans Voyage en Thaïlande | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
28.08.2008
44 Uttaradit et Taksin
Uttaradit est une bourgade endormie, contournée par la route qui file au nord. Nous y sommes rentrés, notre mariée voulait nous faire voir Taksin et le capitaine porteur de son épée. L’histoire dit que cette ville marquait la frontière au XIII avec le royaume Kmer.
Un général, ulcéré de voir la capitale d’alors, Ayutthaya, envahie par les Birmans, pris les armes et remporta la victoire. Cela se passait en 1767 ! Un capitaine à ses côtés portait une épée monumentale avec laquelle il tailla en pièces les Birmans. C'est lui qui est honoré sur cette statue.
Le général Taksin se proclama ensuite roi du Siam.
Le capitaine est vénéré comme un libérateur et nos mariés voulaient lui rendre hommage. Je trouve qu'il a des airs de Vercingétorix
Juste après eux, un papa présente ses deux enfants, munis de gant de boxe. Ils viennent demander sa protection et sa vaillance pour les futurs combats.
Aussitôt les prières expédiées, les deux gamins se livrent en riant à une petite joute.
Voici un exemple de musique jouée pendant les combats de boxe !
L'heure tourne, à flâner de musée en promenades; et maintenant, il s’agit de trouver un restaurant. Nous sommes entre nous et allons vivre modestement, sans faire de folles dépenses. C'est Botan qui tient les cordons de la bourse, et nous laissons faire, nous contentant de financer.
Au bord de la route, une échoppe. Cet arrêt sera le bon.
Voyez la carte : le menu de base est à 50 centimes d’euros, et le complet à 80 centimes : œuf à la poêle, riz blanc et légumes sautés.
Le tout dans la même poêle : ici les œufs se cuisent en premier, et sont réservés.
Puis le morceau de porc haché en petits morceaux, frits avec des oignons.
Et pour finir, des légumes dans la même huile, juste assez pour être saisis sans être cuits.
Sur le côté de l’assiette, des concombres crus complètent la portion.
Voila un repas typique, nettement plus cher que le bol de riz avec quelques légumes.
Pendant le repas, une belle averse a fait tambouriner le toit qui nous abritait. Des rigoles s’aventuraient jusque sous les tables.
Cet adorable chiot avait une laisse assez longue pour venir quémander une miette. Mais comment refuser à ce regard !
Après ce court arrêt, nous reprenons la route vers Chiang Maï.
Le chauffeur a mis le CD d'un groupe de jeunes à la mode. Rien à voir avec la musique traditionnelle. On se croirait au News Morning avec un groupe électro anglais ! Qu'en pense les ados chez Miche ?
09:00 Publié dans Voyage en Thaïlande | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
27.08.2008
43 Philok pour un au revoir
Les yeux encore remplis de verdure, nous reprenons la route vers Philok, où il nous atttendent les oncles, tantes et surtout la grand mère, qui n'a pas vu la cérémonie du mariage, et à qui les amoureux vont présenter les images.
Nous voyageons confortablement, ee qui n'est pas le cas de ces écoliers.
Nous allons franchir un col, non loin de la frontière avec le Laos, qui pousse à cet endroit une pointe en direction de la Thaïlande. C'est l'ethnie Hmong qui peuple ces montagnes, au mode de vie rural, qui a été par le passé en conflit avec l'ethnie dominante Thaï. Le régime communiste laotien mène des combats féroces contre les Hmongs, et je vous invite à lire sur le net les articles d'Amnisty International sur le sort de ces gens. Ils ne sont chez eux nulle part, que ce soit en Chine, au Laos et même en Thaïlande qui refuse d'accueillir tous les réfugiés fuyant le Laos.
Le riz de montagne est y cultivé, avec seulement une récolte par an.
Fut un temps, les champs de pavot ne se cachaient pas. Il parait que c'est désormais terminé. Les lois du pays sont draconniennes en matière de drogue. Gare au touriste pris en faute ! La prison à coup sûr.
Profitant d'une surface plane au col, des commerces d'artisanat ont implanté une longue file de boutiques qui vendent toutes la même chose.
Le taux d'humidité fait pousser les orchidées comme le chiendent chez moi.
L'artisanat est coloré, gaie comme cette ethnie. Pas facile de porter ces couleurs sous le ciel gris de Paris !! Mais il n'est pas question de repartir les mains vides. Ce commerce direct, où l'étranger paye un article bien plus cher que l'acheteur local, est important pour eux.
Pendant que les femmes soupèsent, tatent et regardent, je m'intéresse à cette bouteille qui recueille les eaux des bambous servant de gouttière. Difficile de faire moins cher.
Après cet arrêt, nous sommes arrivés à Philok en fin de journée. Juste à temps pour présenter à la famille le DVD et les images. Comme vous les connaissez, je ne ferai pas de doublon.
Le lendemain, ce furent les adieux avec la grand mère, qui sait qu'elle ne reverrra pas sa petite fille d'au moins un an. Chacun suit son chemin dans la vie, et il n'est pas toujours tracé d'avance au cordeau !
Nous avons dormi chez une autre tante, dont le mari est cultivateur. C'est l'aînée des filles de la grand mère. Leur maison est plus récente, construite juste à côté de la ferme. Mais c'est dans la vieille cuisine que se réunit la famille, au sol battu, aux murs en bois, avec un double toit pour l'aération.
Voyant le champ de riz derrière la maison, j'en ai profité pour m'enquérir sur les méthodes de cultures actuelles.
Non, le riz n'est plus repiqué. Il est semé comme le blé, par une machine. Le rendement est le même, et il n'est plus besoin d'avoir une main d'oeuvre très nombreuse. Il emploie un homme à temps plein, et fait appel à des amis pour la récolte. Oui, c'est un riz sans OGM. Le gouvernement et un pays voisin, le Vietnam se sont entendus pour interdire les OGM sur leur sol. Oui, il utilise des engrais. Il me fera voir les sacs tout à l'heure: un engrais qui dure longtemps, et pendant la croissance, un autre engrais. Il fait deux récoltes par an. Il ne pleut pas assez ici pour en faire trois.
Le bleu, c'est l'engrais de fond. N P K 16 8 8, dit -il L'autre, le bleu, pour le coup de boost. Ils sont fabriqués en Thaïlande. Sa terre est acide, et il rajoute parfois de la chaux. Il a de bons rendements, et le prix du riz est bon cette année. Mais les engrais aussi ont beaucoup augmenté.
Dans un coin, sur un bout de tronc installé sur la terrasse, des champignons pointent, blancs comme neige. Cela ne cadre pas avec le côté immaculé de la cour devant la maison.
Vu de près, ils sont tout jeunes, à peine sortis du tronc. Nous avons des semblables qui forment des mattes sur les souches de peupliers morts. Eh bien, ce bois vient d'un manguier et il sert de champignonière à pleurotes.
La tante nous amène sa dernière récolte de la veille. Elle fait la tournée de ces troncs comme jadis le Curé de ma paroisse, mais certainement avec plus de succès que lui.
Ils n'ont pas voulu nous laisser partir sans un fruit et une fleur. Le mari est parti avec sa perche cueillir les mangues mures.
La mariée, en fille de la campagne, a saisi la bèche sous le regard de sa tante.
Les roses de Jérusalem poussaient à foison dans les racines des bananiers. Elle en a cueilli deux,
offertes à Christiane qui les a vaillament emporté jusqu'à l'arrivée en France, les maintenant humides y compris dans l'avion du retour.
Chargés de bénédictions, de fleurs et de fruits, nous partons après avoir salué avec un dernier waï, les mains jointes, sans nous retourner, ni agiter les mouchoirs. Ici, pas d'effusion ni de démonstration.
Maintenant, nous roulons vers le nord. Botan veut nous faire voir Chiang Maï, qu'elle connait mal. Deplus, son frère, qui vient de réussir sa thèse de pédiatrie, a été nommé juste à côté de cette ville. Oui, en Thaïlande, le médecin ne s'installe pas sur la côte d'azur, mais là où un poste est demandé. Dans son cas, un vieux praticien va cesser son activité et il faut reprendre sa clientèle. Alors, en route pour Chiang Maï.
07:15 Publié dans Voyage en Thaïlande | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
26.08.2008
42 Un marécage à pied sec
La sœur de Botan, spécialiste en paléontologie des arbres fossiles et des dinosaures, connaissait ce coin de Thaïlande où un fragment de jungle, non défriché, était aménagé pour l’observation des scientifiques et des touristes occasionnels.
Une jeune femme, chapeau de brousse sur la tête, nous accueille et va nous guider.
A nos pieds, une eau stagnante, noire et peu engageante. Mais, nous ne franchirons pas les 3 km du parcours en pataugeant avec des sangsues accrochées aux mollets. Non, un confortable chemin de rondin , avec balustrade incorporée, fait la boucle toute entière.
Toutes les photos seront prises de là. Il est tout de même interdit de le quitter. Au tout début, la lumière pénètre bien.
Les arbres sont tels que vous les imaginez : des troncs immenses qui montent sans branches vers la cime, ascenseur pour lianes en tout genre.
En dessous, au niveau du sol, c’est dense et vert, presque d’une teinte uniforme, comme si cette couleur était la meilleure pour capter le peu de soleil qui filtre.
Un tronc couché par l’âge ne reste pas visible longtemps. Les plantes l’ont recouvert presque entièrement et les champignons le réduiront vite en humus.
Mais normalement, c’est ce spectacle que nous avons à droite et à gauche de la passerelle. Des traces de machette montrent qu’il faut le maintenir ouvert en permanence.
Au sol, cette liane tueuse a trouvé la racine d’un support.
Elle s’enroule au tronc, atteignant le sommet en s’épanouissant. Mais elle serre si fort son hôte qu’il va étouffer, entrainant dans sa chute la liane, qui elle, aura eu le temps de produire ses graines.
Une autre image d’un fouillis où on distingue mal un tronc couché !
Cette espèce a trouvé la parade contre les envahisseurs : ses feuilles ou ses racines sont un désherbant naturel très efficace qui éloigne presque toutes les autres plantes.
Sans chercher bien loin, un noyer chez nous en fait autant, et les aiguilles des pins du terrier interdisent toute plantation autre qu’en pot ! Ici, je crois que la concurrence doit être bien rude !
Un palmier affreux, ici déchiqueté à la machette car près du chemin. Les épines bordant ses rameaux en ont fait une arme dont se servaient les Khmers rouges pour égorger leurs captifs. L’arbre n’y est pour rien, les hommes sont souvent fous !
Cette liane n’est pas plus engageante. Au moins, elle est bien visible.
Ce n’est pas le cas d’autres feuilles, en apparence innocente, garnies de poils urticants qui se détachent au moindre frottement, comme de très nombreux bambous.
Cet arbre vient d’être étêté par une récente bourrasque. Il a quelque peu endommagé la balustrade. Oui, le chemin est entretenu par deux personnes, sinon, il disparaitrait lui aussi.
Profitant d’une clairière, des fougères ont germé en masse. Curieux comme une espèce colonise un territoire, dominant temporairement un bout d’espace.
Pour terminer, quelques feuilles plus décoratives, dont j’ignore le nom.
Elégante colonie de feuilles-papillons
Pour les amateurs de pétards, la feuille enroulée sur mesure.
Une des plus larges de ces sous bois.
La sève rouge sang de cet arbre est indélébile ( ou presque) Il a inspiré bien des légendes, comme amoureux changé en végétal et pleurant son amour perdu ou roi des ennemis vaincu pour toujours !
Et pour finir, prenez de ces graines, elles sont réputées guérir les fièvres des marais. Je crois bien que nous venons juste de terminer notre dernière !
12:10 Publié dans Voyage en Thaïlande | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
25.08.2008
41 Riz ou Ethanol ?
Et voila, nous venons de quitter Khorat, après avoir remercié maladroitement les parents pour leur formidable accueil. Les yeux ont plus parlé que les mots. Qui sait si nous nous reverrons un jour ? Nous avons promis d'être là à nouveau si baptème il devait y avoir.
Pour le moment, nous roulons et les champs nous renvoient inlassablement des images vertes d'une plante vert sombre qui n'est pas du riz. Haute sur tige comme la canne à sucre, des feuilles larges ! Voila plusieurs dizaines de kilomètres que nous sommes dans cette plaine et il n'y a que cela ! A quoi cela sert-il ?
Nous roulons en musique :
Au bord de la route, des fagots de bâton attendent un transport. Nous avons croisé des gros camions chargés de montagnes de ces tiges noueuses, tirant parfois une remorque également pleine entre ses ridelles. Mais cette fois, une camionnette qui venait d'apporter son chargement a été interceptée.
Sawatdee kap, Bonjour, que faites vous ?
Un gros plan sur ces tiges, douces au toucher, remplies de bosses semblables à une pomme de terre qui germe. Non, ce ne sont pas ces tiges qui sont utiles. Ou très peu. Oui, elles partent à l'usine pour être traitées. Broyées comme la canne à sucre, mais elles ne sont pas payées cher. Attendez, je vais revenir.
Et un des deux hommes part, un outil à la main, vers le champ voisin.
Il revient, tenant fiérement un tubercule gros comme sa jambe; c'est ça qui est récolté par la machine. Puis l'usine fait de l'essence pour les voitures. Mais il faut couper les canes, sinon, la machine marche mal dans le champ. Bientôt, la récolte va commencer. Ce n'est pas encore bien mur.
Il est tout heureux de nous avoir rendu service, lui, chaudement emmitoufflé dans sa parka. Il a droit à sa photo, comme son compère resté assis à l'arrière de la camionnette. Ils repartent, dos à la route, dans la chaleur et les pluies d'orage fréquentes en ce moment. Voila la Thaïlande, qui, comme au Brésil, s'est mise à prendre des surfaces de bonne terre pour faire rouler ses voitures. Du coup, elle freine ses exportations de riz, elle qui fût le premier fournisseur mondial.
Ce pays s'est doté d'un réseau d'excellentes routes et autoroutes, presque avec la même densité qu'en Europe.
Il y a encore des rencontres étonnantes, comme ici, entre un paysan, ses vaches et un 4x4x japonais, mais cela est rare. Les vélos ont disparu, les mobylettes cèdent la place aux motos et l'aspiration de tout jeune est la voiture.
Par contre, ses trains sont vieillots, lents et incorfortables. L'argent ne va pas vers une modernisation des vénérables loco-diésels. Le passage à niveau est baissé, et la cloche retentit.
SND_0956.mp3
ni des wagons. Nous sommes en face d'un rapide qui relie Bangkok à Ubon , avec un arrêt dans les grandes villes. Je crois que les français n'ont pas de leçons à donner dans ce domaine, quand je vois l'échec du fret à la SNCF et le peu d'empressement des gouvernants pour aider le ferroutage des camions. Entre Lyon et Orange, les camions roulent parfois sur deux files d'autoroute....! Et même nos TGV connaissent de plus en plus de pannes sévères, comme le dernier arrachement de cables, ce qui laisse planer un sérieux doute sur l'effort d'entretien préventif.
Revenons en Thaïlande, où, quittant ces champs de pétrole sur tige, nous sommes passés devant un champ d'arbre de Noël. Au bout des branches-guirlandes retombant en parapluie, des boules rouges vif ! Curieux, cet arbre. Jamais encore je n'en avais vu.
De près, ce fruit relève les sourcils et tire la langue, au bout d'une feuille bien trop épineuse pour y mettre la main sans précaution. Il est joli, et je l'ai déja rencontré sur les marchés. Mais jamais je ne l'avais vu en liberté.
La première qui vient nous voir est une vache, elle aussi libre, qui broutait dans le champ. Erreur, c'est un jeune mâle, qui gratte avec son sabot. En général, en Camargue, ça n'est pas un signe d'accueil chaleureux. Heureusement, le propriétaire du champ, qui travaillait là, lui fait comprendre que nous sommes inoffensifs.
Il nous explique le mode de culture. Un piquet et quatre arbres par piquet, d'une durée de vie de 10 ans environ, donnant jusqu'à 20 kg de fruits par an. Ceux ci ont 4 ans.
Tous ces fruits nous ont mis l'eau à la bouche. A la première halte, nous trouvons des anones bien mures.
J'adore ces fruits délicatement parfumés, à la chair tendre et légèrement granuleuse comme un poire Passecrassane. Les noyaux noirs et lisses que chaque "fruit" contient se suce, révèlant alors un arrière gout aigrelet : un sorbet poire avec un soupçon de groseille. On s'en met plein les doigts !!!
Mais ce fruit ne voyage pas, comme chez nous la figue ou même la pêche. Ou alors il a été cueilli vert et ne vaut rien.
C'est gavés de fruits que nous avons décidé de notre prochaine étape : le traversée d'un marécage. Un bout de jungle sombre au sol gorgé d'eau, de plantes inquiétantes et d'insectes piqueurs. Pas très chaud pour y aller, le grillon !!! Et vous ??
08:20 Publié dans Voyage en Thaïlande | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
24.08.2008
40 Temple au soleil couchant
Le temple que nous visitons maintenant n'a pas la splendeur de celui que nous venons de quitter. Il s'appelle modestement le temple du bas, par opposition à celui qui s'élève tout au sommet de la colline. Il en est distant de quelques kilomètres, a été bâti à la même époque, il y a 900 ans, dans la plaine.
Il n' été honoré que pendant trois siècles, vénérant le grand dieu Shiva.
Et ce n'est qu'aux environs de 1950, après la guerre, que les habitants de Khorat ont cultivé la forêt qui l'entourait.
Ils ont restauré juste ce qu'il fallait pour que ce temple devienne une sorte de parc où ils viennent se promener, où les enfants jouent dans un joli décor. La pelouse est tondue à la machette, maniée comme un club de golf. J'ai essayé une fois, en Birmanie, où la même technique est pratiquée, d'en faire autant. J'ai failli me démonter le poignet en plantant la lame dans le sol et le jardinier m'avait repris l'outil des mains avant qu'il soit inutilisable. Ici, je n'ai pas récidivé.
Ici, les Kmers avaient de la place. La conservation de l'eau en période sèche est primordiale pour les cultures, et nous sommes ici sur le vaste plateau est de la Thaïlande, qui ne reçoit guère plus qu'un mètre d'eau par an. Alors, ils ont creusé 4 bassins en "L", aux angles du temple, qui servent de limites.
Profonds et vastes, ils donnent au lieu une impression de grand calme, reflétant les pierres rousses des murs quand les nénuphars le permettent. Un escalier permettait de venir y faire ses ablutions, et vraisemblablement les lessives. Au soleil couchant, les ruines s'éclairent.
Comme à Angkor, il y avait 5 tours: trois sur le devant et deux à l'arrière plan. Celle du centre, celle du dieu, était en bonnes et belles pierres. Elle n'existe plus, ironie du sort, employée deux ou trois siècles plus tard à construire les maisons des vainqueurs. Seule la porte d'entrée, qui donne dans le vide, a été restaurée !
Les tours latérales, en briques, ont subsisté tant bien que mal.
De la galerie de 2 m de large qui faisait le tour de la structure des 5 tours, il ne reste que des vestiges, comme cette fenêtre édentée.
Ce qui fait le charme de cet endroit, ce sont les cris des enfants qui de leur vie n'auront pas pareil château fort, palais de mille et un combats, terrain de cache cache ou plus tard, lieu de rendez vous secret.
Ces deux là étaient planqués, prêts à sauter sur leurs poursuivants lorsqu'ils viendraient à passer en bas. Nos enfants avaient il y a plus de trente ans la citadelle de Blaye comme terrain de jeux, qu'ils connaissaient mieux que Vauban et les parties faites là bas leur sont encore en mémoire. C'est bien qu'il en soit ainsi pour ces gamins ! Combien je déplore aujourd'hui qu'on ne puisse plus lâcher en liberté dans nos cités et villages des oisillons de 8 à 13 ans s'inventer sans danger une guerre des boutons, l'arrivée de Zorro ou le triomphe de Spiderman !!
Sur le chemin du retour, par terre, de la neige blanche nous intrigue.
Qui a perdu ce paquet de coton et répandu son contenu un peu partout ?
Eh bien, nous sommes sous un kapokier, dont cette gousse est tombée. Les graines, accrochées à un duvet blanc, peuvent alors s'envoler à la première bourrasque. Je ne savais pas qu'on tirait de l'huile des graines, pensant que seul le "coton" était utilisé pour les matelas. En France, cela vaut un prix fou, ici, c'est donné !
Nous quittons ce temple du bas, et rejoignons la voiture, garée juste devant ce grand lac artificiel de 50 hectares et 4 mètres de profondeur. Comme les ancients Kmers, les Thaï d'aujourd'hui, plus nombreux, ont besoin d'eau pour irriguer leurs champs pendant les 6 mois secs de l'année.
En rentrant, nous passerons chez le photographe. Les albums et le DVD du mariage sont prêts. Demain, nous dirons au revoir aux parents, car nous ne repasserons plus par Khorat. Puis nous irons à Philok pour montrer les images à la famille, la grand mère en premier. Il paraît que nous prendrons une route différente. Je rechargerai les piles de l'appareil numérique !!
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23.08.2008
39 Un beau temple : Phanom Rung
C'est presque une excursion au Cambodge que j'ai cru faire en visitant ce temple. Un bijou construit par les Khmers, plus joli d'Angkor Vat. Leur royaume au XI siècle avait englobé l'est de la Thaïlande. Ils y ont érigé, en l'honneur du puissant dieu hindou Shiva ce temple, sur la colline de Phanom Rung, qui est devenue une nouvelle résidence de celui ci.
Cette brochure en français, remise à l'entrée, montre le temple au sommet de la colline. Sur le dessin qui suit, la partie vue du ciel est comprise entre les repères 6 et 13.
Nous sommes entrés tout en bas, en 1 pour gravir en transpirant le long chemin d'accès.
Au début, l'allée empierrée horizontale bordée d'arbres est idéale pour la marche: il vient de pleuvoir, et l'air, s'il est lourd, est supportable. Tout au fond s'élève le Prang conique, le centre du temple. Mais l'échelle ne rend pas bien la hauteur, et si vous distinguez le personnage à mi allée, ceux sur les marches du fond ne sont pas visibles.
Un petit détour par l'herbe, si tentante et si souple ! Attention aux fourmis rouges toutefois qui ne savent plus lacher quand elles ont pincé. L'allée est bordée de bornes en bouton de lotus.
Comme à Angkor, les nagas, serpents liés à Shiva, nous attendent à l'entrée du pont. Ce pont relie les monde des hommes à celui des Dieux. Il faut se préparer mentalement à cette traversée, et c'était le rôle du premier batiment, à l'entrée de l'allée ( en 2 sur leplan) Nous aurions du, à l'époque, nous y recueillir.
Il y a quelques années, des vandales ont voulu emporter les nagas sans y parvenir. Mais ils les ont abimés. Les Thaïlandais les ont réparés, sauf un, qui a été laissé écorné, en signe de protestation. Au centre du pont, un lotus à 8 pétales symbolise les 8 points cardinaux de l'Hindouisme.
Même si la majorité des gens vénère Bouddha, les vieilles traditions demeurent. En grimpant le chemin de chèvre qui mène au sommet, on voit partout des tumulus de pierres comme celui là. Est ce une offrande, un signe de respect, une demande de longévité ? La réponse n'est pas claire, mais il faut ajouter une pierre pour bien faire !!! Ajoutons donc. Si nous étions monté par les marches de l'escalier, nous n'aurions rien mis ! Mais ces sacrées marches sont trop hautes pour des hanches normales de touristes fatigués. Pas loin de 60 cm, le triple de la normale. Et il y en a 52 ! Fallait-il un an pour arriver au sommet ?
Le chemin s'arrête et il faut gravir les derniers blocs pour accèder au dernier niveau. On voit ici dans les dalles les trous qui ont servi à leur manipulation et à la pose. A l'oeil, près de 800 kg pièce. Montées avec des éléphants? des hommes ? Je n'ai pas la réponse.
Un coup d'oeil sur la plaine d'où nous venons.
Nous avons mérité la visite du temple, dont le Prang principal s'élève maintenant devant nous, avec ses 27 m de haut, tout en grès rose patiné par 900 ans d'immobilisme.
Avant d'y pénétrer nous avons admiré les bas-reliefs sur les frontons et linteaux, restaurés depuis 1975. Ici, Vishnou couché se préparant à barratter la mer de l'espace cosmique pour créer les galaxies, étoiles et mondes visibles. L'origine de la création pour les hindouistes. Notre big bang matérialiste en quelque sorte.
Là, en contrepoint, Shiva dansant, mécontent, ébranlant l'univers dans un tremblement destructeur. Le grand cycle des créations- destructions. Mais qui sait ce que deviendra notre univers ? Expansion indéfinie vers le froid du néant ou contraction inexorable si la gravité l'emporte ?
Ici, on pense qu'il s'agit du fondateur du Prang principal, toujours vainqueur de ses ennemis d'alors. Il n'y avait que les médailles d'or des victoires qui comptaient. Heureusement, à notre époque, cela a bien changé, n'est ce pas !!!
D'autres bas-reliefs montrent des scènes tirées des textes de la religion hindouiste, comme l'armée d'Haruman volant au secours de Rama prisonnier.
Le personnage à l'entrée est il un gardien ? un serviteur ? Mais est il à sa place ? Bien curieux, car les gardiens sont en général menaçants et armés. J'aurai bien aimé savoir qui était ce personnage, si simplement habillé avec juste un pectoral à plusieurs rangs.
Au centre de la tour conique principale, la cellule sacrée qui contient la représentation de Shiva, le lingam. Une rigole permet de recueillir l'eau lustrale qui avait baigné la statue du dieu.
Pour les amateurs de fenêtres, celle ci m'a tapé dans l'oeil avec ses harmonies de teintes, témoins des multiples restautrations colonisées par des patines et mousses différentes.
Outre le Prang principal, nous avons déambulé calmement autour du petit Prang, autour des pavillons en briques. Nous étions seuls. La chaleur de l'après midi se faisait moins forte. Comment ne pas imaginer des hommes et des femmes, sarongs sur l'épaule, aller et venir pieds nus comme nous les avions vus en Inde, marqués au front du signe de leur dieu. Il faut créditer le peuple Thaï d'une immense tolérance pour les cultes d'autrui et un souci de préservation qui va dans les détails.
Pour symbole, ce bassin modeste, sur l'esplanade principale, rempli d'eau alors que nous sommes au sommet d'une colline où il faut l'amener et peuplé de quelques poissons pouvant s'abriter sous une feuille de nénuphar.
Nous sommes repartis par le même chemin, mélangeant dans nos souvenirs les tumulus de cailloux, les poissons rouges et Shiva ébranlant l'univers que Vishou recréera. En passant devant l'arbre du voyageur, nous avons remercié nos hôtes pour ce bouquet d'heures passées ainsi.
Avant de rentrer à Khorat, nous ferons un détour par un autre temple. il sera dans le soleil couchant et il parait que les pierres sont belles à cette heure là.
10:59 Publié dans Voyage en Thaïlande | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
39 a Un beau temple Phanom Rung (début)
C'est presque une excursion au Cambodge que j'ai cru faire en visitant ce temple. Un bijou construit par les Khmers, plus joli d'Angkor Vat. Leur royaume au XI siècle avait englobé l'est de la Thaïlande. Ils y ont érigé, en l'honneur du puissant dieu hindou Shiva ce temple, sur la colline de Phanom Rung, qui est devenue une nouvelle résidence de celui ci.
Cette brochure en français, remise à l'entrée, montre le temple au sommet de la colline. Sur le dessin qui suit, la partie vue du ciel est comprise entre les repères 6 et 13.
Nous sommes entrés tout en bas, en 1 pour gravir en transpirant le long chemin d'accès.
Au début, l'allée empierrée horizontale bordée d'arbres est idéale pour la marche: il vient de pleuvoir, et l'air, s'il est lourd, est supportable. Tout au fond s'élève le Prang conique, le centre du temple. Mais l'échelle ne rend pas bien la hauteur, et si vous distinguez le personnage à mi allée, ceux sur les marches du fond ne sont pas visibles.
Un petit détour par l'herbe, si tentante et si souple ! Attention aux fourmis rouges toutefois qui ne savent plus lacher quand elles ont pincé. L'allée est bordée de bornes en bouton de lotus.
Comme à Angkor, les nagas, serpents liés à Shiva, nous attendent à l'entrée du pont. Ce pont relie les monde des hommes à celui des Dieux. Il faut se préparer mentalement à cette traversée, et c'était le rôle du premier batiment, à l'entrée

