23.06.2008
Encore absent pour quelques jours.
Pour celles et ceux qui s'en souviennent, je vous ai dit que nous étions allés saluer un oncle qui déclinait chez sa fille avant de rejoindre le terrier début juin.
Toute sa tête, malgré sa fatigue, et nous avions ensemble échangé sans nous presser l'essentiel qui peut l'être lorsqu'on sait de part et d'autre que c'est la dernière visite.
Hier, il est allé paisiblement rejoindre sa femme.
Nous nous retrouverons en famille dès demain pour quelques jours, en Haute Marne.
Comme il y a temps pour tout, les jeunes mariés Thaïlandais attendront quelques jours avant de revenir en scène.
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21.06.2008
Saint Jean chez Saint Pierre
Quelle idée de photographier un paysage avec un câble juste au milieu du cliché quand il n’y a pas un nuage dans le ciel.
Et ce titre ? Que veut-il dire ?
Patience, bien que les plus futées ( je mets au féminin pour ne pas avoir d’ennui) ont du trouver tout de suite !
Tiens, des anneaux de hou la houp ! Tout cela sent la fête. Hier soir, dans le pré d’un vilage voisin, les enfants de l’école communale se sont retrouvés. L’école est commune à trois villages.
Ici, les petits de Crillon le Brave. On a supprimé « le Brave » , sur le calicot, pour les mettre à égalité avec les copains. Pourquoi eux y sont « braves » et pas nous ?
Ici, les minots de Modène. Modène tout court, le village du bas, les modestes sans particules.
Enfin, les jeunes de Saint Pierre de Vassols, qui ont abandonné leurs titres de noblesse en ce soir d’été. C’est moins lourd à porter, comme banderole.
Puis, les trois groupes prennent place pour un tour d’honneur autour du pré.
Le premier Crillonais, flambeau à la main, fera le tour du pré et le transmettra ( le flambeau, pas le pré) à une fille de Modène.
Puis un Vassolien terminera le parcours de la flamme qui en vaut bien une autre.
Enfin, nuée de moineaux enfin lâchés libre, les gamins s’élanceront à leur gré dans une ronde improvisée, le porteur du flambeau en tête.
Prosaïquement, un bidon est accroché à cette fenêtre. Non, nos communes n’ont pas les moyens de construire un stade de 80.000 places, une tour de lancement depuis le sommet de l’Himalaya, de déplacer des milliers de gens pour tracer des autoroutes. Mais nous nous amusons au moins aussi bien, si ce n’est mieux.
Une échelle, un peu de paraffine dans un bidon, une poulie et une manille, et voila une rampe de lancement économique
Et réussie !! Le tas bien sec crépite, les pétards explosent, St Jean fait un feu d’enfer dans un ciel heureusement sans vent.
Le pompier de service, lance d’incendie réglementaire à la main, veille en arrosant au dessus du brasier qu’aucune braise aérienne ne propage la flamme.
Tout crépite, craque, bouge. Le feu mange vite, très vite
Comme les gamins, je suis attiré par la danse du jaune, le ballet du rouge et du noir, composition fascinante, changeante.
Sur la gauche de l’image, un visage noir à moitié dévoré ouvre encore un œil. Juste au dessus deux bouts calcinés dessinent les cornes d’un profil inquiétant. Le feu de l’enfer chez St Pierre.
Puis, comme l’enfer n’est plus alimenté, il se calme. Les hommes sauront-ils en faire autant ?
Les enfants, eux, sont quelque part en Asie.
Le temps d’une chanson, et ils pourront aller manger, boire et jouer. Jouer avec trois fois rien, en plein air.
Le pompier de service a rempli de braises les trois tonneaux du barbecue. Chacun fait griller saucisses, brochettes et côtelettes à son goût, tout en discutant avec son voisin.
Pour les végétariens, crêpes, frites, gâteaux. Et pour tous, le rosé bien frais de la cave du pays.
Peu de tables, pour que les villageois aillent de groupes en groupe, que les conversations se mélangent, que les nouveaux arrivants de l’année s’intègrent. L’herbe est là pour ceux qui veulent s’asseoir.
Et dans la paix du soir, un quartet de cordes nous sert des musiques façon Django Reinhardt. La nuit est là, douce et tiède, sur un petit village de Provence où il fait encore bon vivre tout en étant modeste
Ce soir, les mêmes se retrouveront, mais à Crillon le Brave, pour la fête de la musique.
Mais avant, vous irez bien faire un petit tour en Thaïlande, n'est ce pas ? Je vous souhaite un bel été !
11:44 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
18.06.2008
Le jardin il y a deux jours
Vous savez que l'appareil photo n'est jamais loin de ma main. Après avoir poussé le portail et déchargé la voiture, nous avons pris ensemble quelques clichés.
Oui, j'ai maintenant deux piscines : deux dans une: la supérieure, remplie d'eau du ciel tombée depuis notre départ, où s'ébattent larves de moustique et de nèpe et une cachée, sous la bache, remplie d'eau de source, que j'espère sans algues.
L'eau de l'une est douce, celle de l'autre calcaire et plus dure. Quelle richesse ! Je garde les deux, en prévision de quelques jours avec mistral pour arroser si besoin est.
Les herbes qui ne sont pas folles ont bien aménagé le devant de notre porte en une pelousse hérissée que j'aime bien. Je n'aurais pas pu semer plus régulier. Comme elles ont pris la peine de monter en graines, je les laisse continuer à nourrir les fourmis et oiseaux. Le soleil se chargera de les tondre en juillet.
Ici, entre deux oliviers, c'est un peu le fouillis. Aphyllantes et tétragones y sont à l'aise. Mais notre chien aime cet endroit frais et s'y couche en tournant. Il va y retourner bientôt.
Sur le bord du bancaou, les immortelles jaunes pailles sont légion. Avec la folle avoine, Christiane va faire sécher des bouquets pour l'hiver. L'un deux prendra place dans une hotte en paille toute simple, dans l'entrée, et les autres chez nos filles.
Certes, les cistes, iris et romarins ont fini leur floraison, et ce sont les lauriers qui les remplacent. Jamais les couleurs n'ont été aussi vives que cette année.
La lavande est haute, elle concurrence l'avoine. Il lui reste à s'épaissir et à former des épis. L'été va venir, le mistral va l'aider bientôt.
Notre pêcher, par contre, n'a pas apprécié les colonies de pucerons blancs qui ont élu domicile. Petits, minuscules, malingres, ils sont dédaignés par les coccinelles qui leur préfèrent les gras suceurs verts ou roses des rosiers. De plus, la maladie endémique de la "Cloque" n'a pas été bien traitée en hiver et cet arbre est à la peine. Je dois au moins l'asperger sans délai contre les pucerons avec du purin d'ortie. C'est radical, et parfaitement bio.
Regardez les feuilles enroulées : une misère !
Les quelques 8 plants de vigne s'en sont donnés à coeur joie pour prospérer. Mais si le raisin doit mûrir, il me faut "moucher" les rameaux excédentaires pour permettre au soleil de pénétrer. Rien ne presse, le soleil est encore bien timide aujourd'hui.
Il y a 8 ans, notre abricotier, un magnifique arbre mourrait en quelques jours. Heureusement, nos enfants avaient jeté leurs noyaux un peu partout dans le jardin et non dans la poubelle comme demandé. Un jour, à côté d'un robuste pin, un de ces noyaux a germé, échappant au bêchage du jardin.
L'an dernier, nous avions partagé la récolte avec des fourmis. Cette année, instruit par leur savoir faire, nous ne leur laissons qu'une faible part, proportionnelle à leur taille et non à leur nombre. De plus, c'est le seul abricotier du coin à ne pas avoir vu ses fleurs geler cet hiver.
Protégé par la masse du pin, il y faisait un peu moins froid que dans les champs labourés et démunis de tout abri.
Les fruits sont murs juste pour notre retour. Si vous passez par là, n'hésitez pas à marauder !
14:31 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
17.06.2008
Un tour au jardin au mois de mai.
Voici ce que j'ai manqué dans le jardin, pour être allé me baguenauder dans de lointaines contrées, alors qu'il fait si bon vivre en France.
Comme vous avez veillé sur le jardin tout au long de mon absence, je vous présente quelques unes des fleurs les plus belles.
Je vous avoue également qu'un jardinier possédait la clef du portail, et a quelque peu aidé. Merci à vous tous ( et aussi à lui.)
Ce rosier ne craint pas les maladies, seulement les pucerons. Mais dame coccinelle a rétabli un juste équilibre.
Zéphirine Drouin, vieille variété délicate, produite par Meilland, embaume à son approche.
Elle serait née en 1868, m'a t'on dit. Jolie centquarantenaire !
Dommage quela maison Bourreau ait dû fermer ses portes. Ce pépiniériste renommé possédait un trésor dans ses serres. Il s'est reconverti comme consultant sur les radios ou télévisions. Je le vois toujours, passionné, nous parlant de ses sauvetages en matière de roses. Ici, Céline, tout simplement.
Madame Alfred Carrière, rose ancienne au parfum légerement fruité, se plait chez nous. Elle est dite grimpante, mais la pauvreté du sol à vignes lui impose une croissance fort lente.
Delbard a crée la rose des Cisterciens pour le 9ème centenaire de la fondation de Citeaux. Ses pétales doublement nuancés et sa forme discrète lui donne une grande élégance. Mais son parfum est faible.
Ces oeillets sont des exilés de Bretagne, de Lorient ! Donnés par une amie, ils ne semblent pas regretter l'air frais de l'Atlantique.
De même, l'azalée vient d'Italie, donnée par une femme dont c'était la passion, qui tenait une chambre d'hôtes à Florence, où un jardin intérieur surprenait les visiteurs par sa spendeur. Qu'elle soit encore remerciée.
Devant la fenêtre de la cuisine, un ciste à petites fleurs se contente de quelques centimètres de terre.
Voila encore une année où nous ne ferons qu'entrevoir la splendeur des iris. Récoltés au cours d'échanges, ils se placent d'eux mêmes où ils veulent, changeant de couleurs au fil des années.
Ceux ci proviennent de chez Cayeux. Son nom : Iris provençal sur son catalogue. Je ne sais pas comment s'y prend ce pépiniériste, mais ses iris ne donnent guère de rhizomes. Pas moyen d'essaimer.
J'ai oublié les autres noms, mais pourvu qu'on ait l'i(v)ris, qu'importe l'étiquette.
Là, nous rentrons au coeur du terrier: le bancaou, ou le pierré en Provençal. Peu de plantes osent coloniser un tas de galets de silex. Les cistes en font partie et ont éliminé en 8 ans bien des plantes voisines comme les sauges et les lavandes.
Dommage que la floraison du ciste ne dure que quelques semaines.
Et pour finir, un hôte des pierres chaudes: un lézart vert et sa compagne. Ils sont bien deux, m'a affirmé l'auteur de cette photo. Je le crois sur parole !!
Demain, vous aurez droit au jardin avec les herbes folles que les nombreuses pluies ont nourries.
Moins de couleurs, mais quelle exubérance !
18:20 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
14.06.2007
C'est au pied du mur qu'on voit la guèpe maçonne
Ce matin, saisi d'une fièvre quarte du rangement, nous avons osé mettre les mains dans la réserve où sont sont rangés tous les objets inutiles qui peuvent servir.
De la vieille couverture, en passant par la pile de cartons vides, les jouets que l'on va réparer demain, l'abat jour à moitié démonté qu'il suffit de refaire et les vieux magazines qui font le bonheur de générations de souris, tout cela fût trié, soupesé et jeté.
Dans un carton rempli de ces pastilles de polystyrène qui volent partout, de drôles de constructions en terre, toutes fraîches témoignaient d'un travail en cours.
Une guèpe maçonne était en plein travail de procréation. Solitaire, elle bâtit des cellules en forme de tonneau, y dépose une chenille et pond ensuite un oeuf qui éclora 10 mois plus tard. Les cellules foncées sont toutes récentes.
Puis elle ferme l'opercule avec un petit caillou qu'elle scelle au mortier.
Malheureusement, nous avons dérangé la bâtisseuse, découvrant son travail un peu tard. Le carton est retourné dans la réserve, en attendant le prochain rangement. Ces guèpes là sont de précieuses aides dans le jardin. Dès que je la verrai, je vous la présenterai.
19:27 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
15.04.2007
Au pays du Ventoux calme
J'aurais voulu vous la dire de suite, cette note, alors qu'elle était encore lourde des moiteurs du petit jour. Mais le grand manitou qui blogue là haut avait saturé lui aussi les lignes avec les anges, avec Abram, Mamedjo, les enfants du Bon Dieu et les canards sauvages ! Pas moyen de confesser sa souris.
Alors, imaginez une fin d'aurore douce, comme un sauna tiède, une lumière grise et moite, personne dans ce grand morceau de calme, à part un grillon sauvage et un chien domestique ! Vous y êtes !
Sur ce chemin de terre esseulé et ensommeillé
les flaques encore boueuses d'une pluie qui vient de cesser, regardent tristement un ciel qui s'éclaire !
Les gouttes drippent, drippent, drippent sous les chênes, les pins immobiles en ce matin sans un souffle,
les parant de pendants d'oreilles éphémères dans lesquels la forêt se regarde,
et de perles d'opale que des pailles sans trou boivent lentement, tantôt avec délicatesse.
tantôt en plongeant hardiment une pointe rouge dans cette poire de diamant impossible à porter;
Ici la terre rouge a bu sans retenue, le sable mou marque sous le pas comme sur une grève.
Ce pin s'accroche encore sur sa butte, illusoire protection contre une prochaine tempête. Ces frères ne sont plus !
Tout à côté, c'est le flanc tout entier de la colline qui est parti un jour se promener, couchant des pins pour le plus grand bonheur des pics verts et autres habitants des troncs desséchés. De nouveaux arbustes ont pris place.
Le soleil hésite avant de brutaliser cette quiétude, de maquiller de feu et de bleu cette terre qui vient enfin de boire toute une nuit !
Tu hésites aussi à partir, mais les bougies des cerisiers se sont allumées, le drap blanc du jour a essuyé la moiteur et remplacé la magie d'une rêverie !
Alors, le chien te siffle et te ramènes à la voiture, car lui a grand faim, d'avoir couru après des lapins invisibles.
11:51 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
17.03.2007
Sentier matinal
Notre boulanger cuit au feu de bois et prépare sa pâte au levain naturel. C'est l'un des tout derniers en Vaucluse et il vend lui même le matin sa production, après sa nuit de travail. Comme ses clients sont connaisseurs et fidèles, mieux vaut y aller tôt.
Aussi, ce matin, j'ai pris un sentier au point du jour, manière de profiter du temps qui passe.
Le Ventoux, encore endormi, n'est troublé que par les sillages de jet, comme celui qui emporte Vivie au Costa Rica.
L'orange de l'orient éclate sur la ligne de crête.
Le sentier offre un talus taillé dans les ocres, qui déroule ses harmonies au gré des pas du promeneur.
Il y a bien longtemps, crocodiles s'ébattaient sur ces plages tropicales.
J'aime ces draperies entrecroisées, ces vagues figées en compositions lumineuses.
Ici, le ressac a figé un jaillissement de sable dans l'écoulement d'une dune sous marine.
Et ce pin regrette amèrement que sa graine soit venu échouer dans un monde sans terre; il tente de rassemble de toutes se forces entre ses racines un sable volage, tenté par sa liberté.
Là, les racines, trop gourmandes, ont fait éclater la fissure nourricière et se retrouvent le ventre à l'air, noires d'étouffement.
Arrivé sur le plateau, jadis cultivé, le promeneur est accueilli par cet étrange menhir, qui n'a rien de minéral. Ces quatre troncs de cerisier, blanchis par le mistral, fournissent gîte et couvert à des colonies de capricornes.
Qui sait si , au pied, on ne trouve pas quelques terriers de grillons ?
20:03 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
07.03.2007
Balade sous la pluie en ce mercredi 7 mars
Cet après midi, une éclaircie dans les nuages. La pluie est bien tombée la nuit dernière, et maintenant, les gouttes sont de retour.
Bonne journée pour la terre, les plantes, les arbres. Il nous en faut encore, et tout ce qui tombe ici est bon à prendre. Je sais que certains ont les pieds dans l'eau, mais les crues ont l'air d'être normales, et la montée des eaux est normale en zone inondable.
Un peu de patience !
Ausi, profitant d'une accalmie, le grillon a sifflé son chien pour lui faire dégourdir les pattes. Un chemin de terre qui conduit aux champs passe derrière la maison, bordé de jeunes pins
A l'arrière de la maison, il a fallu se mettre en conformité avec le règlement forestier, à mon grand regret.
Les plantes se préparent. Le bergenia tout de rose vêtu se désole, solitaire, sans le moindre papillon, la moindre abeille ou le moindre bourdon, tous prudemment cachés.
Une orchidée bande ses forces pour jaillir dans la nuit prochaine et déployer sa hampe fleurie. Sera t'elle un Ophrys araignée, bécasse, guèpe ou litigieux ?
Au bout du chemin, le propriétaire cultive ses oliviers sur herbage, fânant et laissant l'herbe comme engrais vert, sans labourer.
Un deuxième vient de labourer et d'enfouir du fumier de cheval.
Ses ancêtres et lui ont enlevé les gros galets et constitué ces pierrées que l'on retrouve dans toute la colline. Aujourd'hui, les maçons viennent avec des tracteurs équipés de chargeur récupérer ces galets pour s'en servir dans les constructions, comme dallage, chemin ou autre.
Au bout de ce champ, la vue sur la plaine du Comtat Venaissin est bien grise aujourd'hui. Les cultures: oliviers et vignes.
Le village voisin s'étale, dans le lointain, le long d'une route locale, village anciennement agricole, qui maintenant ne compte plus que 3 familles vivant de la terre. De nombreux artisans, des retraités qui ont gardé un lopin avec quelques arbres ou pieds de vigne, des nouveaux arrivants et beaucoup de personnes travaillant sur Avignon et les villes du Vaucluse.
Après ce petit tour, le retour se fait en passant par l'arrière de la maison. Le portail est au bout de la photo. La bache qui couvre la piscine est remplie d'eau de pluie qui va être pompée dans une des deux citernes. Pas question de la perdre, ici, l'eau est précieuse.
Le vieux cerisier lutte depuis 4 ans contre une maladie cardio-vasculaire des branches, qui fait petit à petit le tour de l'arbre. Chaque année, en fin d'hiver, il me faut couper les branches atteintes et cicatriser avec du goudron de Norvège pour éviter un surcroit de maladie
Un jeune arbre a été planté il y a trois ans. La pierre au milieu ? C'est une habitute ici pour former le gobelet, sinon, les arbres lèvent leurs branches au ciel comme des banquiers braqués pour un hold-up.
Non, je ne suis pas un jardinier modèle et je laisse pousser des fleurs et mauvaises herbes lorsqu'elles ne sont pas trop envahissantes. Le chiendent, non, par contre.
Mais cette touffe de violettes s'est trouvée en symbiose avec un pied de vigne et elle prospère d'année en année, discrète et fidèle.
C'est la saison de la fausse roquette, envahissante, qui va neiger bientôt ses pétales blancs dans tout le jardin.
C'est aussi la saison d'un légume délicieux, timide et qui sait se cacher à merveille. Il faut l'apprivoiser, car il est sauvage ! Le voyez vous ? Non ? Regardez encore, la tige brune, sombre, au milieu de la photo
La photo est floue, impossible de mettre au point à la fois sur la pointe et sur le pied d'une asperge ..... sauvage. Celle ci se montre à découvert, jeune imprudente, asperge ado de la première pluie.
Ses grands parents, plus prudents, se sont constitués en buisson compact, dont les tiges épineuses et piquantes découragent amateurs de jeunes pousses.
Néammoins, et sans l'aide du chien qui se fiche éperdument de marquer l'arrêt devant une asperge, préférant le parfum des lapins de garenne, la première récolte de l'année permettra une omelette
Connaissez vous la plante préférée des Stroumpfs ? Un autre demain, je vous en parlerai.
Excusez, moi, la poèle est sur le feu !!
Bon appétit à vous aussi.
19:06 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
15.01.2007
Elle avait la syphilis et je ne savais pas
Elle portait une robe largement décolletée et des talons hauts.
Lorsqu'elle s'assit dans le fauteuil, debout à côté d'elle, je me sentis rougir quand mon regard d'adolescent boutonneux plongea dans l'échancrure du corsage. J'y voyais bien des choses et j'en imaginais encore plus.
Mais quand elle ouvrit la bouche, ses gencives noires et ses dents abîmées changèrent mes idées. Qu'est ce qu'elle pouvait bien avoir comme maladie ?
Bien entendu, je ne pouvais pas lui demander !
Et si on commençait par le début ?
Le jeudi, jour sans école mais avec devoirs, je devais venir les faire au cabinet dentaire. Installé dans la pièce qui servait de cuisine, c'était le travail du matin. Vers midi, le père examinait le travail, posait les questions et faisait réciter les leçons.
L'après midi, il donnait congé à son assistante et à Jojo et me faisait enfiler une blouse blanche. Il faut dire que j'allais sur mes 16 ans, efflanqué comme un chat de gouttière.
Accueillir les clients et aller les chercher en salle d'attente, sortir les fiches dentaires, répondre au téléphone et prendre les rendez-vous, développer les radios, il me l'appris. Cela me plaisait assez
Ensuite, il fallut préparer les instruments, lui présenter le plateau, les cotons et rester auprès de lui pendant les soins dentaires. J'aimais beaucoup moins les extractions, piqûres et autres. Pendant la durée des soins, j'avais la consigne de ne pas parler, de ne pas poser de questions.
Quand ce fut le tour d'aller chercher madame T, mon père me demanda de monter mes mains et les examina avec une attention étrange pour moi. Quelle idée !!!
Lorsqu'elle quitta le cabinet, il m'expliqua: tu as vu: les gencives noires, c'est à cause de la syphilis. Cette dame est une prostituée, ( elle le lui avait dit) et elle a attrapée cette maladie. On lui fait des piqûres à base de mercure et ça lui gâte les dents. J'essaie de soigner ses dents , mais elle va rester malade et je ne peux pas grand chose.
Lui parlait en dentiste ! Moi si je voyais des gencives noires, je me demandais bien comment pouvait être le reste, plus bas, oui, vous m'avez compris !!! Tout noir aussi ?
A 16 ans, on ne pose pas ce genre de question à son père.
Je ne sais pas ce que j'ai raconté aux copains. Mais leur éducation sexuelle a du être sérieusement erronée du genre : tu as plein de piqûres, avec une seringue aussi grosse qu'un thermomètre , après tu perds tes dents et ton zizi devient tout noir.
L'année d'après, seul en terminale au Lycée Français de Londres, j'ai reçu un très long courrier de mon père me décrivant par le menu les maladies dites honteuses, avec les coupes et vues en plan des conséquences sur les organes génitaux des hommes et des femmes. La syphilis tenait la vedette, mais le ,premier avertissement donnée par Madame T à son insu valait tous les courriers du monde.
Elle avait la syphilis et je ne le savais pas, mais j'ai retenu la leçon.
06:47 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
05.08.2006
Recette de cuisine: Les moules peintes
Vous venez de manger les moules farcies aux amandes ou aux noisettes. Sauf grande faim, il vous reste les coquilles.
Vous avez quelques enfants chez vous.
Mélangez le tout, un enfant et 6 moules.
Sortez un grand tablier et attachez le autour du cou de chaque enfant.
Faites bouillir les coquilles à feu vif pendant 5 min. Pas les enfants, qui bouillent déjà d'impatience. Egouttez, rincez et faites refroidir moules et enfants.
Faites nettoyer les coquilles à l'intérieur et à l'extérieur.
Mettez deux à trois couches de journaux sur une vieille table de jardin.
Versez de la peinture blanche dans deux soucoupes et sortez un pinceau par enfant.
Faites peindre en blanc l'extérieur des coquilles et faites sécher à l'air libre.
Puis lavez les mains, les bras et jambes des enfants, et accessoirement prenez une douche.
Préparez autant de soucoupes que de couleurs, et un pinceau par couleur.
Faites réciter trois fois à chaque enfant: quand j'ai fini avec un pinceau, je le repose sur la bonne soucoupe. Menacez le de l'exclure en cas de faute lourde.
Lâchez maintenant les coquilles blanches, les pinceaux, les enfants et laissez les tranquille en vous contentant d'approuver.
Une fois les soucoupes vides, proclamez le début de la recréation, avec un Kinder surprise ou une glace au chocolat.
Faites couler un bain bien chaud et photographiez les chefs d'oeuvres.
Puis composez les numéros de téléphone des parents et enregistrez les conversations des enfants.
Enfin, rassurez ces derniers qui ont eu peur que vous fassiez manger des moules peintes à leurs rejetons.
Voici le mode d'emploi en image.
Le blanc d'abord:
Un premier résultat, qui a laissé beaucoup de traces.
21:00 Publié dans Auprès de mon terrier | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note










